Les enquêtes sur les tunnels de transport de drogue depuis le Maroc se heurtent au « silence » du Makhzen

Les enquêtes sur les deux tunnels de transport de drogue, découverts respectivement en 2025 et 2026 dans une zone sous surveillance constante des autorités marocaines, se heurtent au « silence » du Makhzen, déplore le quotidien espagnol « The Objective », affirmant que le royaume a ignoré toutes les commissions rogatoires adressées par les autorités espagnoles pour savoir où débouchent ces tunnels.
Citant des sources judiciaires, le journal espagnol affirme que « les deux enquêtes se heurtent à un obstacle commun : le silence du Maroc ».
Selon The Objective, le royaume « n’a pas répondu aux commissions rogatoires adressées par l’Espagne, qui demande des éclaircissements sur le fonctionnement précis des tunnels de drogue« .
Dans le cas du premier tunnel découvert en 2025, ce quotidien indique que la juge Maria Tardon, de l’Audience nationale, le haut tribunal de Madrid chargé du crime organisé, « a formulé plusieurs demandes d’entraide judiciaire auprès de Rabat, sans succès ».
Aujourd’hui, avec la découverte du second tunnel, ces mêmes sources prévoient « le même manque de coopération ».
Le journal espagnol explique le refus de collaboration des autorités marocaines par l’emplacement du point de départ de ce tunnel.
« L’entrée du dernier tunnel souterrain fait face à une base militaire qui, en principe, devrait être sous surveillance constante des autorités du pays voisin (le Maroc).
Cette zone est censée être contrôlée par l’armée, mais – d’après l’enquête de la Police nationale – elle n’a posé aucun problème à l’organisation criminelle, l’une des plus puissantes opérant en Espagne : des tonnes et des tonnes de haschisch y ont transité pendant des années », souligne The Objective.
Ce journal rappelle, à ce titre, que l’entrée du premier tunnel de drogue découvert, en 2025, par la Garde civile espagnole, « se trouvait également dans la même zone militaire ».
« A l’époque, la police marocaine avait identifié plusieurs individus impliqués dans la construction et l’agrandissement du tunnel, qui devaient être arrêtés +prochainement +.
Cela ne s’est jamais produit », regrette le quotidien espagnol. Il ajoute que, depuis, « l’enquête se heurte à d’importantes difficultés de collaboration avec les autorités » marocaines.
Fin mars dernier, un vaste tunnel pour acheminer de la drogue a été découvert entre le Maroc et l’Espagne.
Les policiers ont trouvé l’u n des accès à un vaste réseau, caché derrière un immense réfrigérateur insonorisé.
Construit sur trois niveaux, le tunnel est équipé de rails, de wagons, de poulies et même d’une chambre intermédiaire.
« C’est un tunnel de drogue très bien construit et parfaitement équipé, spécialement conçu pour le trafic de haschisch« , avait déclaré Antonio Martinez Duarte, de l’unité antidrogue à Ceuta (Espagne).
Au total, 27 personnes ont été arrêtées. La région, plaque tournante du trafic de drogue, a connu d’autres épisodes similaires. En 2025, un tunnel identique avait déjà été découvert. Il acheminait de la drogue entre le Maroc et l’Espagne



