Gazoduc transsaharien : l’Algérie dessine les contours du plus grand projet énergétique africain à destination de l’Europe

Les regards se tournent vers Alger, qui accueille la cinquième réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet de gazoduc transsaharien (TSGP), avec la participation de l’Algérie, du Niger et du Nigéria. Cette rencontre constitue une étape décisive pour faire passer le projet de la phase d’études à celle de sa mise en œuvre effective.
La réunion vise à examiner les résultats de l’étude de faisabilité actualisée, lancée en 2025, et à adopter une feuille de route claire pour la réalisation du projet, notamment en ce qui concerne son financement et l’achèvement du tronçon traversant le Niger. Considéré comme l’un des plus importants projets énergétiques du continent africain, ce gazoduc s’étendra sur près de 4 200 kilomètres. Il reliera les gisements gaziers nigérians au hub gazier de Hassi R’mel, en Algérie, avant d’acheminer les approvisionnements vers les marchés européens à travers les infrastructures d’exportation algériennes.
L’importance stratégique du projet réside dans sa capacité à transporter entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, ce qui en fait l’une des principales options envisagées pour renforcer la sécurité énergétique de l’Europe. Cette dernière cherche en effet à diversifier ses sources d’approvisionnement en gaz à la suite des répercussions de la guerre en Ukraine.
Le projet constitue également un véritable levier d’intégration économique entre les trois pays partenaires. Il contribuera au développement des infrastructures énergétiques, à la création d’emplois et à la stimulation des investissements industriels liés au gaz, notamment dans les secteurs de la production d’électricité, des engrais et de la pétrochimie.
L’Algérie bénéficie, dans ce cadre, d’un avantage stratégique majeur grâce à son réseau de gazoducs déjà opérationnel et directement connecté à l’Europe, notamment via les gazoducs Transmed vers l’Italie et Medgaz vers l’Espagne. Cet atout confère au projet une rentabilité économique supérieure à celle des itinéraires concurrents.
Le gazoduc suscite par ailleurs un intérêt croissant de plusieurs pays européens, en particulier l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, qui y voient une source d’approvisionnement en gaz stable et durable, capable de répondre à la demande énergétique croissante et de soutenir l’activité industrielle européenne.
Les avancées enregistrées ces derniers mois, ainsi que la coordination politique entre l’Algérie, le Niger et le Nigéria, ont renforcé les perspectives de concrétisation du projet. Plusieurs institutions financières et de développement africaines ont également manifesté leur intérêt à le soutenir, le considérant comme un projet stratégique au service de l’intégration économique du continent.
La cinquième réunion ministérielle devrait déboucher sur des décisions concrètes portant sur l’adoption de l’étude technique finale, la définition des mécanismes de financement et la répartition des responsabilités entre les parties prenantes, ouvrant ainsi la voie au lancement de la phase de réalisation dans un avenir proche.
Ainsi, le gazoduc transsaharien ne constitue pas seulement un projet de transport de gaz. Il représente un projet stratégique reliant l’Afrique à l’Europe, renforçant la position de l’Algérie en tant que hub énergétique régional et offrant au continent africain une opportunité accrue de valoriser ses ressources naturelles tout en contribuant activement à la sécurité énergétique mondiale.




