Europe

France : des avocats dénoncent des violences contre des lycéens placés en garde à vue

Plusieurs avocats d’adolescents placés en garde à vue dans le cadre de la mobilisation des lycéens en France, ont dénoncé des violences physiques, des insultes et des « tentatives d’humiliation » qui auraient été commises par des policiers à l’encontre de mineurs interpellés.

« Une très grande majorité arrive en garde à vue blessés », après avoir « pris des coups de matraque » ou « été tirés au sol », a affirmé Me Ainoha Pascual, avocate et membre de la « Legal Team Paris », un des collectifs d’avocats qui ont fait des violences policières une de leurs spécialités.

« Je sens qu’ils sont terrorisés », poursuit l’avocate qui a assisté plusieurs adolescents à Paris.

De son côté, Me Prisca Ancion, du Collectif action judiciaire (CAJ), a fait état d’insultes, de gifles et de violences lors des interpellations, évoquant notamment des cas de « maintien de la tête au sol » et d' »étranglements ».

Les avocats dénoncent également des violences psychologiques et des comportements humiliants dans les commissariats.

Dans le sud-ouest du pays, l’avocat Ludovic Tardy a, lui aussi, fait état de conditions difficiles pour des mineurs placés en garde à vue, évoquant notamment des nuits passées « sans matelas, sans couverture ».

Selon les avocats cités, certains interrogatoires auraient également été marqués par des sarcasmes et des remarques visant les adolescents.

Les avocats s’inquiètent également des conditions d’accès à la défense. Plusieurs d’entre eux affirment avoir rencontré des difficultés pour assister leurs jeunes clients et dénoncent des entraves qui, selon eux, pourraient compliquer l’accès aux dossiers.

L’avocate, Me Chirinne Ardakani, a indiqué, quant à elle, avoir assisté un adolescent de 14 ans dont le seul fait reproché aurait été de s’être arrêté aux abords d’un lycée situé sur le chemin de son collège.

Le mouvement des lycéens, apparu à la mi-septembre en région parisienne, porte notamment sur l’état des établissements scolaires, les classes surchargées et le manque de remplacement des enseignants absents.

Selon le ministère de l’Education, 891 lycées sur quelque 3.700 ont connu mardi une suspension totale ou partielle des cours, soit près d’un quart des établissements.

Cette mobilisation intervient à un peu plus de six mois de l’élection présidentielle, dans un contexte social et politique tendu, marqué notamment par la hausse des prix et les débats autour de mesures d’économies budgétaires, dont certaines concernent directement les jeunes, comme les aides au logement.

Les autorités françaises redoutent désormais un élargissement du mouvement au niveau national, avec le possible renfort des étudiants.

Sur fond d’inquiétudes croissantes au sein de l’opinion publique locale, la France s’enfonce dans une grave crise économique et sociale, marquée par une dégradation des finances publiques et de profondes divergences politiques, faisant même redouter le retour du mouvement des « Gilets jaunes ».

(APS)

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