Explosion du chômage : le malaise social s’intensifie au Maroc
Le chômage au Maroc n’est plus un simple indicateur économique mesurable, mais s’est transformé en un symbole criant d’une crise structurelle profonde reflétant la faillite des politiques publiques adoptées par le régime du Makhzen et son incapacité chronique à assurer les conditions minimales d’une vie digne pour de larges catégories de la population.
Dans un contexte de montée de la colère sociale et d’intensification des dénonciations par les organisations de défense des droits humains et les syndicats, les limites des choix économiques imposés et jugés défaillants apparaissent clairement, n’ayant produit que davantage de marginalisation et d’exclusion, tout en élargissant les inégalités sociales et en aggravant la précarité.
Selon des données du Haut-Commissariat au Plan publiées mardi, le taux de chômage a atteint 10,8 % au premier trimestre 2026, soit 1,253 million de chômeurs. Toutefois, ces chiffres, bien que significatifs, ne reflètent qu’une partie de la réalité.
Les mêmes données indiquent en effet que 58,2 % des Marocains en âge de travailler sont hors du marché du travail, un chiffre alarmant qui illustre l’ampleur des déséquilibres frappant une économie déjà fragile et révèle sa faible capacité d’intégration.
La situation s’aggrave avec un taux de sous-emploi atteignant 22,5 %, ce qui signifie que de larges catégories de travailleurs vivent dans des conditions précaires, manquant de stabilité et de dignité, illustrant clairement l’échec des politiques de l’emploi promues par le discours officiel sans résultats concrets sur le terrain.
Par ailleurs, la structure de l’économie marocaine demeure incapable de créer de véritables emplois, avec une domination du secteur des services précaires représentant 49,1 % de l’emploi total, au détriment des secteurs productifs. Cela reflète la dépendance persistante à des choix économiques sélectifs et défaillants, dépourvus de toute véritable dimension de développement.
Colère syndicale et des droits humains face aux politiques du Makhzen
Dans ce contexte sombre, les critiques des organisations de défense des droits humains et des syndicats s’intensifient, ces derniers n’hésitant pas à tenir le régime du Makhzen pour responsable de l’aggravation du chômage.
L’Association marocaine des droits humains a estimé que la situation actuelle est le résultat direct de décennies de politiques libérales imbriquées avec la corruption, l’économie de rente et les monopoles, ayant renforcé l’exclusion sociale et élargi la pauvreté, tout en restreignant les libertés syndicales et en marchandant les services essentiels.
De son côté, l’Union marocaine du travail a souligné que la hausse persistante du chômage, notamment chez les jeunes, reflète l’échec évident des programmes gouvernementaux, restés au stade des slogans.
Elle a également critiqué le recours à des approches financières étroites au détriment de l’investissement social, ce qui a aggravé la précarité et accru les tensions sociales.
La Confédération démocratique du travail a, pour sa part, insisté sur le fait que les chiffres officiels ne reflètent pas la réalité vécue par les citoyens, notamment dans les zones marginalisées.
Elle a qualifié le dialogue social actuel de formel et inadéquat face à l’ampleur de la crise, dans un contexte de dégradation des conditions de vie.
Quant à l’Union nationale du travail au Maroc, elle a mis en garde contre la gravité de la situation, évoquant l’absence de volonté politique réelle pour engager des réformes profondes capables de créer des emplois, dans un contexte marqué par une orientation claire vers des politiques néolibérales ayant accentué les inégalités sociales.
Dans le même esprit, les syndicats régionaux et sectoriels ont qualifié le chômage de « catastrophe sociale », avec une augmentation préoccupante du nombre de chômeurs poussant beaucoup d’entre eux au désespoir face à l’absence de perspectives.
Face à ces indicateurs, il apparaît que le Maroc est confronté à une crise structurelle du chômage susceptible de s’aggraver davantage, en raison de la persistance des autorités à poursuivre les mêmes politiques ayant déjà démontré leur échec.
Entre un discours officiel cherchant à atténuer les chiffres et une réalité sociale de plus en plus tendue, toutes les données semblent indiquer une escalade sociale inévitable.
AL24NEWS /APS




