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Maroc : répression contre les diplômés chômeurs à Rabat, la colère sociale s’intensifie face à la crise de l’éducation et de l’emploi

La tension sociale continue de s’aggraver au Maroc. Dans un climat déjà marqué par la multiplication des grèves et des mouvements de protestation dans plusieurs secteurs, les autorités marocaines sont intervenues ce jeudi 14 mai pour disperser le sit-in ouvert mené par la Coordination « Al Karama » des diplômés chômeurs devant le siège du ministère marocain de l’Éducation nationale, de l’Enseignement préscolaire et des Sports à Rabat.

Selon les manifestants, les forces de l’ordre ont fait usage de la force pour évacuer les protestataires, installés sur place depuis le 4 mai afin de réclamer l’ouverture d’un dialogue avec le ministère ainsi qu’une solution concrète à la situation des diplômés sans emploi.

Au cours du rassemblement, les membres de la coordination ont dénoncé « l’exclusion » et « la marginalisation » dont ils s’estiment victimes, accusant les autorités de refuser toute concertation sérieuse sur un dossier qui illustre, une nouvelle fois, les profondes défaillances de la gestion des secteurs de l’éducation et de l’emploi au Maroc.

Des membres de la Coordination Al Karama ont affirmé que les protestataires avaient subi ce qu’ils qualifient de « violente répression » de la part des forces publiques lors de leur sit-in quotidien devant le ministère.

Ils ont précisé que l’intervention avait eu lieu vers 11h30 « sans aucune notification ni avertissement préalable », ajoutant que les manifestants avaient été victimes « d’agressions physiques, de coups et de pressions psychologiques ».

La coordination explique que les diplômés chômeurs mènent depuis près de deux ans des manifestations et des sit-in devant le ministère de l’Éducation nationale ainsi qu’aux abords du Parlement afin d’exiger une issue à une situation qu’ils attribuent à une politique d’« exclusion » menée par les autorités.

Les protestataires affirment également avoir adressé plusieurs correspondances aux responsables concernés pour ouvrir un dialogue autour de leurs revendications, sans obtenir de réponse concrète.

Pour eux, cette intervention policière n’est pas un incident isolé. Ils assurent qu’un autre sit-in avait déjà été dispersé la veille, provoquant d’importantes séquelles psychologiques parmi les manifestants.

Malgré cette pression sécuritaire, les membres de la coordination affirment qu’ils poursuivront leur mouvement de protestation. Selon eux, « la répression, l’intimidation et les arrestations » ne les feront pas renoncer à ce qu’ils considèrent comme « leur droit légitime à un emploi stable ».

Les militants ont également adressé un message direct au ministre marocain de l’Éducation nationale ainsi qu’au secrétaire général du ministère, affirmant qu’ils ne quitteraient pas les lieux tant que leurs revendications ne seraient pas satisfaites.

Selon plusieurs témoignages, les protestataires affirment avoir subi « différentes formes de répression et d’intimidation » simplement pour avoir revendiqué « un droit juste et légitime garanti par la Constitution ».

Ils dénoncent une décision ministérielle qu’ils qualifient de « crime contre les enfants du peuple marocain », estimant que les autorités n’ont proposé ni alternatives ni solutions réelles aux diplômés touchés par le chômage.

Les membres de la coordination assurent enfin qu’ils poursuivront leur sit-in jusqu’à obtenir satisfaction. Ils affirment que leur seul choix est désormais « l’emploi ou la mort », reflet du profond désespoir social qui gagne une partie de la jeunesse diplômée marocaine face à l’absence de perspectives et à la gestion contestée des crises sociales par les autorités du makhzen.

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