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Escalade militaire au Golfe : des installations pétrolières visées à Oman, la production perturbée au Qatar

Au quatrième jour de la guerre américano-sioniste contre l’Iran, les répercussions sécuritaires et économiques continuent de s’étendre dans le Golfe, touchant notamment Oman et le Qatar.

Mardi, les autorités omanaises ont fait état d’attaques de drones visant des installations pétrolières. Des réservoirs de carburant ont été ciblés au port commercial de Duqm, dont l’un a été touché. Selon l’agence de presse omanaise, citant une source de sécurité, « les dégâts qui en ont résulté ont été maîtrisés » et aucune victime n’a été recensée.

Un drone s’est également écrasé à proximité du port de Salalah, dans le sud du pays, sans faire de victimes ni de dégâts matériels, tandis que deux autres ont été abattus.

Malgré son rôle de médiateur dans les pourparlers menés entre Washington et Téhéran avant le déclenchement du conflit, Oman n’a pas été épargné par les frappes. Le port de Duqm avait déjà été visé dimanche par une attaque de drones ayant blessé un travailleur. Lundi, une personne a par ailleurs été tuée dans l’attaque d’un pétrolier au large de Mascate.

Au Qatar, les conséquences se font également sentir sur le plan industriel. Après avoir interrompu lundi sa production de gaz naturel liquéfié (GNL) à la suite d’une attaque iranienne contre ses installations, la compagnie publique QatarEnergy a annoncé mardi suspendre la fabrication de certains produits transformés, notamment les polymères, le méthanol et l’aluminium.

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a indiqué que son pays avait déjoué plusieurs attaques visant l’aéroport de Doha. Il a également souligné que le Qatar n’était plus en contact avec l’Iran depuis le début des frappes.

L’annonce de l’arrêt de la production d’aluminium par QatarEnergy a immédiatement influencé les marchés. À la London Metal Exchange (LME), le cours du métal a progressé de plus de 2 %, atteignant 3.263,50 dollars la tonne, à contre-courant de la tendance générale des autres métaux industriels, affectés par le recul des marchés boursiers.

« Dans les métaux de base, les tensions au Moyen-Orient remettent au premier plan les risques pesant sur l’approvisionnement en aluminium, étant donné qu’environ 8% de la production mondiale est concentrée dans le Golfe et dépend fortement du transport maritime par le détroit d’Ormuz », ont souligné les analystes d’ING.

La veille, la suspension de la production de GNL par QatarEnergy avait déjà provoqué une flambée des prix du gaz en Europe. En Arabie saoudite, le géant pétrolier Saudi Aramco a annoncé lundi la suspension de certaines opérations dans l’une des plus grandes raffineries du royaume, celle de Ras Tanura, après une attaque de drone contre le site.

Dans un contexte régional sous haute tension, ces développements illustrent l’extension des impacts de l’agression américano-sioniste sur les infrastructures énergétiques stratégiques du Golfe et sur les marchés internationaux.

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