Des organisations syndicales européennes appellent l’UE à suspendre son accord d’association avec l’entité sioniste

Des organisations syndicales européennes ont appelé mercredi l’Union européenne (UE) à « suspendre » son accord d’association avec l’entité sioniste et à prendre les « mesures adéquates » pour « remédier aux graves violations du droit humanitaire international » commises par cette entité à Ghaza au cours des 15 derniers mois.
« Nous demandons à la Commission européenne d’accomplir son devoir en révisant l’accord d’association UE-(Entité sioniste) et en recommandant au Conseil (de l’UE) de suspendre le traité, compte tenu des violations de l’article 2 (relatif au respect des droits de l’homme) commises par (l’entité sioniste) et réaffirmées par la CIJ et d’autres organes compétents des Nations unies », écrivent-elles, dans un appel signé par une cinquantaine d’organisation de France, Belgique, Irlande, Italie, Pays-Bas, Norvège et d’Espagne.
Ces organisations exhortent également la Commission européenne à « recommander au Conseil des mesures adéquates pour remédier aux graves violations du droit humanitaire international commises par le gouvernement (sioniste) au cours des 15 derniers mois ».
Les syndicats européens demandent, en outre, aux Etats membres de « respecter leur obligation de s’abstenir de contribuer au maintien de la situation illégale découlant des violations par (l’entité sioniste) des normes impératives, notamment en cessant le commerce avec les colonies et en suspendant la fourniture d’équipements militaires ainsi que le transfert d’armes » vers cette entité.
Dénonçant « l’inaction de la Commission européenne », ces organisations affirment que cette attitude est « contraire aux obligations juridiquement contraignantes telles que réaffirmées dans les obligations de droit international ».
« Au-delà des déclarations appelant à la désescalade, l’UE et la communauté internationale n’ont pratiquement rien fait pour contester les violations du droit international et des droits des Palestiniens commises par (l’entité sioniste) », ont déploré les syndicats dans leur appel, soulignant la nécessité pour l’UE de « passer des paroles aux actes » et « veiller à ce que les responsables de ces crimes rendent des comptes ».
Les syndicats européens rappellent, à ce titre, que depuis octobre 2023, plus de 46.000 Palestiniens de Ghaza ont été tués et au moins 10.000 autres sont portés disparus ou se trouvent sous les décombres.
La quasi-totalité de la population a été déplacée, souvent à plusieurs reprises, et de nombreuses personnes sont mortes de maladies infectieuses causées par la détérioration des conditions. Les services publics, notamment les soins de santé, l’eau et l’assainissement, ont été décimés, et plus de 80% des écoles et des universités ont été détruites ou endommagées, précisent ces syndicats, citant des chiffres de l’ONU.
Ils rappellent également que la commission d’enquête des Nations unies a conclu que l’entité sioniste avait commis des crimes de guerre et le crime contre l’humanité d’extermination en menant des attaques incessantes et délibérées contre le personnel et les installations médicales à Ghaza.
Au cours de cette période, l’entité sioniste s’est engagée dans « la plus grande escalade » en Cisjordanie depuis 2002, entraînant la mort de plus de 700 Palestiniens et la détention de 10 900 autres, relèvent les organisations syndicales européennes, ajoutant qu’environ 1 800 maisons et autres structures palestiniennes ont été démolies et les attaques de colons se sont multipliées, comme le souligne le rapport de l’OIT.
« Les membres des syndicats ont été particulièrement affectés par les actions de plus en plus brutales de (l’entité sioniste), y compris le ciblage délibéré des travailleurs médicaux, des travailleurs humanitaires et des journalistes », indiquent-elles.
Selon ces organisations, plus de 1 000 professionnels de la santé et 318 travailleurs humanitaires ont été tués à Ghaza, dont 235 membres du personnel de l’ONU. « 200 travailleurs humanitaires ont été tués en sept mois, ce qui dépasse le nombre total de telles personnes tuées dans le monde entier au cours des deux dernières décennies », font-elles remarquer.




