Corée du Sud : le parti au pouvoir s’oppose à la destitution de président Yoon

Le Parlement sud-coréen a officiellement présenté jeudi une motion visant à destituer le président Yoon Suk Yeol pour une tentative ratée d’imposer la loi martiale, mais son parti a juré de s’opposer à cette initiative.
Les députés pourraient voter en faveur du projet de loi dès vendredi, mais le Parti du pouvoir populaire de Yoon a annoncé qu’il s’y opposerait. Le Parti démocrate, qui détient la majorité au parlement, a besoin qu’au moins huit députés du parti au pouvoir soutiennent le projet de loi pour qu’il soit adopté.
Si la motion de destitution est adoptée et confirmée par la Cour constitutionnelle, Yoon serait le deuxième président sud-coréen à être destitué depuis que des manifestations massives aux chandelles contre un scandale de trafic d’influence ont conduit à la destitution de l’ancienne présidente Park Geun-hye en 2017.
La déclaration de la loi martiale par Yoon mardi soir visait à interdire toute activité politique et à censurer les médias en Corée du Sud, quatrième économie d’Asie.
La motion de destitution contre Yoon a été présentée lors d’une séance plénière qui s’est ouverte peu après minuit jeudi et a ouvert la voie à un vote de destitution qui se tiendra dans les 24 à 72 heures suivantes.
Les partis d’opposition ont besoin d’une majorité des deux tiers pour adopter le projet de loi, et du soutien d’environ huit membres du parti de Yoon pour obtenir les 200 voix nécessaires à sa destitution.
Si le projet de loi est adopté, la Cour constitutionnelle sud-coréenne décidera alors de maintenir ou non la motion, un processus qui pourrait prendre jusqu’à 180 jours.
Si Yoon devait être suspendu de l’exercice du pouvoir en raison de l’adoption du projet de loi par le Parlement, le Premier ministre Han Duck-soo le remplacerait en tant que leader. Si le président en difficulté démissionnait ou était démis de ses fonctions, une nouvelle élection serait organisée dans les 60 jours.
(Reuters)




