Contrôles post-Brexit: Dublin prône un accord hors des « jeux politiques »

Le vice-Premier ministre irlandais Micheal Martin a estimé lundi que les progrès réalisés dans les négociations entre Londres et Bruxelles sur les contrôles post-Brexit en Irlande du Nord ne devaient pas être fragilisés par des « jeux politiques ».
« De très bons progrès ont été réalisés » en vue d’un compromis, a-t-il déclaré en marge d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères, saluant les efforts « sincères et substantiels » des négociateurs
pour répondre aux « préoccupations légitimes » d’une partie des Nord-irlandais.
« Je pense que les habitants d’Irlande du Nord en ont assez des gens qui font de la politique avec leur avenir », a cependant martelé M. Martin. Des médias britanniques ont rapporté, citant des sources anonymes, que
l’ex-Premier ministre Boris Johnson mettait en garde contre un accord remettant en cause un projet de loi qu’il avait introduit pour réécrire unilatéralement le protocole commercial post-Brexit, estimant que cela reviendrait à céder du terrain à l’UE.
Des informations de presse largement perçues comme un défi politique au successeur de M. Johnson, Rishi Sunak, qui a rencontré ce week-end en Allemagne la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Les discussions « se poursuivent », a indiqué Downing Street lundi, sans détailler de calendrier.
Au cœur des tensions, le protocole nord-irlandais négocié en même temps que le traité de Brexit maintient de fait l’Irlande du Nord, qui dispose de la seule frontière terrestre britannique avec l’UE, dans le marché unique
européen, tout en prévoyant des contrôles douaniers entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.
Le texte vise à la fois à préserver l’accord de paix de 1998, qui a mis fin à trois décennies de conflit sanglant sur l’île, en évitant le retour d’une frontière douanière dure entre la République d’Irlande (membre de l’UE) et la province britannique, et à protéger l’intégrité du marché unique européen.
Or, le Royaume-Uni a décidé de légiférer pour revenir unilatéralement sur les dispositions douanières du texte -un casus belli pour l’UE, qui a conduit à l’ouverture de nouveaux pourparlers courant 2022. Londres demande
notamment à l’UE d’alléger les contrôles douaniers entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, fustigés par les unionistes nord-irlandais, qui voient une menace sur la statut de leur province au sein du pays.
Les Britanniques réclament aussi que le rôle de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qui supervise l’application du protocole, soit supprimé ou atténué -une ligne rouge pour Bruxelles. La perspective d’un compromis suscite de vives résistances au Royaume-Uni, notamment de la part du parti unioniste nord-irlandais (DUP), qui refuse toute application de facto du droit européen dans la province.
APS




