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Comment les Émirats se retrouvent-ils au cœur du scandale qui menace Manchester City ?

Le séisme qui secoue Manchester City dépasse désormais largement les pelouses de Premier League. Au cœur de cette affaire financière tentaculaire apparaît en filigrane le rôle des capitaux liés à Abou Dhabi, qui contrôlent le club à travers le City Football Group.

Après plusieurs années d’enquête, une commission indépendante a reconnu Manchester City coupable de graves violations des règles financières du championnat anglais sur une période allant de 2009 à 2018.

Le verdict, confirmé par la Premier League, fait état de contrats commerciaux qualifiés de « fictifs » ou de montages destinés à gonfler artificiellement les revenus du club et à réduire ses coûts. La commission a également conclu que City avait présenté des comptes inexacts et dissimulé la réalité de sa situation financière à ses auditeurs et aux instances sportives. Le club a, en outre, été reconnu coupable de plusieurs manquements à son devoir de coopération avec l’enquête.

L’ombre d’Abou Dhabi au cœur du dossier

C’est précisément sur ce terrain que le dossier prend une dimension particulièrement sensible. Selon les éléments rendus publics, le mécanisme financier mis en cause avait notamment reposé sur des accords de sponsoring dont la valeur affichée ne correspondait pas aux sommes effectivement versées, une partie du financement étant attribuée à des structures liées au propriétaire du club, Sheikh Mansour et l’Abu Dhabi United Group.

Autrement dit, derrière la machine sportive qui a transformé Manchester City en puissance dominante du football anglais se retrouve une question beaucoup plus embarrassante : celle de la frontière entre investissements du propriétaire, revenus commerciaux et respect des règles du fair-play financier.

Depuis son acquisition par des intérêts liés à Abou Dhabi en 2008, Manchester City a connu une ascension spectaculaire, accumulant titres, stars et investissements massifs. Le club est ainsi passé du statut d’équipe ambitieuse à celui de géant du football mondial. Le verdict de la commission vient toutefois jeter une ombre considérable sur cette période de domination.

Des sanctions qui pourraient faire trembler le football anglais

Pour Manchester City, le danger est désormais sportif, financier et institutionnel. Les sanctions n’ont pas encore été déterminées, mais l’éventail prévu par les règlements va de l’amende au retrait de points, voire à l’exclusion de la Premier League. Une relégation vers les divisions inférieures constituerait une sanction sans précédent à ce niveau du football anglais.

Les conséquences pourraient également dépasser le simple cadre du championnat. Des clubs rivaux pourraient réclamer des indemnisations s’ils estiment avoir subi un préjudice sportif ou financier du fait des infractions reconnues. Certaines équipes pourraient notamment faire valoir une perte de revenus liée à des places européennes, à des titres ou à des primes de classement qui auraient été affectés par la concurrence de City.

L’affaire ouvre ainsi la porte à une véritable bataille juridique autour des conséquences des résultats obtenus pendant la période concernée.

Les propriétaires eux aussi dans le viseur

La question la plus explosive concerne toutefois la gouvernance du club. Le football anglais dispose désormais d’un dispositif de contrôle permettant d’examiner l’aptitude des propriétaires et des dirigeants à exercer leurs fonctions. L’Independent Football Regulator (IFR), organisme indépendant créé pour renforcer la gouvernance du football anglais, a déjà indiqué que le verdict soulevait de « sérieuses questions » et qu’il pourrait utiliser ses pouvoirs lorsque les conditions seraient réunies.

La remise en cause de la propriété de Manchester City constituerait alors un nouveau tournant dans le football anglais. Le dossier ne porterait plus seulement sur une éventuelle sanction infligée à une équipe, mais sur le modèle de gouvernance et de financement qui accompagne l’arrivée de capitaux émiratis dans le football.

La procédure pourrait donc encore s’étirer avant qu’une sanction définitive ne soit prononcée. Une nouvelle commission d’appel doit examiner le dossier si City fait recours, tandis que l’audience consacrée aux sanctions doit intervenir séparément.

(Al24News)

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