Brésil : La Cour suprême s’oppose à la suspension de l’installation de 11 députés de la droite

La Cour suprême du Brésil a rejeté, dimanche, un recours d’un groupe d’avocats visant la suspension de l’investiture mercredi prochain de onze députés « bolsonaristes », pour incitation présumée aux actes du 8 janvier, considérés par le gouvernement de gauche comme une « tentative de coup d’Etat ».
La sentence a été rendue par le magistrat Alexandre de Moraes, l’un des onze membres de la plus haute juridiction du pays, après avoir reçu un avis du parquet qui a également exprimé son opposition à une telle mesure.
Le bureau du procureur a soutenu dans son avis qu’il n’y a aucune preuve que les accusés ont incité aux « actes antidémocratiques », terme désignant l’invasion et le saccage par des partisans de l’extrême droite des sièges
de la Cour suprême, de la Présidence et du Parlement.
Pour lui, les députés ont déjà reçu leurs accréditions officielles en tant qu’élus et ils sont ainsi protégés par la loi parlementaire.
Moraes a souscrit à l’avis des procureurs et a précisé que certaines des personnes accusées d’avoir incité au coup d’Etat dans des messages sur leurs réseaux sociaux font déjà l’objet d’une enquête par la Cour suprême.
« A l’heure actuelle, les conséquences éventuelles des comportements des députés en question doivent être analysées par le Conseil d’éthique de la Chambre des députés et non par la Cour suprême », a expliqué le magistrat dans sa sentence.
Les onze parlementaires, pour la plupart issus du Parti libéral (PT), formation de l’ancien président Jair Bolsonaro, sont accusés d’avoir publié sur leurs réseaux sociaux des messages de soutien à l’assaut de milliers de
personnes contre le siège des trois pouvoirs.
A travers les actes du 8 janvier, les partisans de l’extrême droite, dont quelque 1.800 ont été arrêtés, avaient l’intention de forcer le renversement du président Luiz Inacio Lula da Silva, investi officiellement
le 1er janvier.
Le parquet a déjà ouvert une enquête contre deux des onze députés accusés, André Fernandes et le soldat indigène Silvia Waipi, tous deux du Parti libéral, mais jusqu’à présent, il n’a pas identifié de messages explicites
de soutien aux actes « de coup d’état » sur leurs réseaux sociaux.
Un autre parlementaire interrogé est Nikolas Ferreira, également du Parti libéral et député le plus voté du pays avec près d’un million et demi de voix.
APS




