Alors que des millions de Marocains s’appauvrissent, la fortune des ultra-riches explose
Un rapport récent met en lumière l’aggravation des inégalités au Maroc et le fossé croissant entre les ultra-riches et la majorité de la population.

Le fossé entre riches et pauvres au Maroc atteint des proportions inédites. Un rapport publié par la société britannique Knight Frank révèle une progression spectaculaire du nombre d’ultra-riches dans le royaume.
En 2026, on recense 432 individus dont la fortune dépasse les 30 millions de dollars (276 millions de dirhams), soit une hausse de plus de 41 % depuis 2021. Les projections annoncent déjà 550 milliardaires d’ici peu, avec une croissance annuelle estimée à plus de 27 %.
Mais derrière ce récit triomphaliste, la réalité sociale au Maroc est tout autre. Alors que les fortunes explosent, des millions de Marocains basculent dans la pauvreté.
Les inégalités se creusent à un rythme alarmant : la classe des riches – composée essentiellement des notables et hommes d’affaires proches du cercle retreint du sérail du Makhzen – monopolise près de 90 % des richesses nationales, tandis qu’une majorité de la population peine à subvenir à ses besoins.
La crise du coût de la vie atteint une phase brutale. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a indiqué que 75 % des ménages marocains estiment que leur niveau de vie s’est dégradé au cours des douze derniers mois. À peine 2,5 % ont pu mettre de l’argent de côté, confirmant une fragilité financière généralisée.
Les perspectives sont sombres : près de la moitié des familles anticipent une nouvelle dégradation de leur situation dans l’année à venir, et 58 % s’attendent à une hausse du chômage. La consommation des biens durables est jugée défavorable par 67 % des ménages, tandis que 38 % des familles ont dû puiser dans leurs économies ou recourir à l’endettement pour couvrir leurs dépenses.
La hausse des prix alimentaires est au cœur des préoccupations : 93 % des ménages affirment avoir constaté une augmentation, et 79 % s’attendent à ce que cette tendance se poursuive.
Colère et indignation dans la société
La publication de ces statistiques a alimenté une vague de colère sur les réseaux sociaux. Beaucoup dénoncent un système où « les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres ». Les critiques pointent du doigt les politiques ultracapitalistes menées par le gouvernement Akhannouch, accusé de favoriser une élite proche du Makhzen qui monopolise 90 % des richesses nationales.
« Le danger, c’est que ces chiffres sont exploités politiquement et médiatiquement pour exporter l’image d’un Maroc en progrès, alors que les inégalités sociales s’approfondissent », commente un observateur. « Mettre en avant l’augmentation du nombre de riches ne signifie pas une amélioration du développement humain », a-t-il noté.
Alors que le Maroc compte près de 36 millions d’habitants, seuls 432 sont considérés comme riches. « Cela veut dire que tout le pays est pauvre, à l’exception d’une minorité », s’indigne un internaute. Certains prédisent que si la politique actuelle se poursuit, le nombre d’ultra-riches pourrait atteindre 1 000 dans les prochaines années, accentuant encore le fossé entre une minorité privilégiée et une population fragilisée.
Contrairement à beaucoup de pays qui ont mis en place des politiques de redistribution ou des filets sociaux pour amortir les chocs économiques, le Maroc reste dépourvu de mécanismes efficaces pour protéger ses citoyens les plus vulnérables. Résultat : une minorité prospère dans le luxe, tandis que la majorité s’enfonce dans la précarité.
(Al24News)



