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Afrique : Guterres appelle à en finir avec le « pillage » du continent

L’Afrique attire les investisseurs, mais une large part de ses richesses continue d’être exportée sans être transformée sur place, a déploré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelant à rompre avec ce modèle.

« Plus de pillage », a lancé le chef de l’organisation devant des chefs d’Etat, investisseurs et dirigeants d’entreprises réunis dimanche à New-York.

Le temps où l’Afrique devait convaincre de son potentiel économique est selon lui révolu.

Le Secrétaire général des Nations Unies a jugé que la question n’est plus tant de savoir si le continent peut devenir l’un des moteurs de l’économie mondiale, mais qui profitera de son essor.

 

« Nous passons de faire des affaires en Afrique à faire des affaires avec l’Afrique , a-t-il déclaré lors de l’événement « Unstoppable Africa 2026 », le rendez-vous annuel de la Global Africa Business Initiative (GABI), co-organisé par l’ONU et l’Union africaine.

L’édition 2026 se voulait elle-même le symbole de ce changement de registre.

Moins de discours sur le « potentiel » africain, davantage de transactions, d’investissements et d’infrastructures permettant de conserver sur le continent une plus grande part de la valeur produite. Les atouts sont considérables.

L’Afrique possède 30 % des ressources minérales mondiales et 60 % du potentiel solaire, selon les chiffres cités par M. Guterres.

Elle compte aussi la population active qui croît le plus rapidement au monde. L’opportunité commerciale représentée par le continent est évaluée à 3 000 milliards de dollars. Mais derrière ces chiffres persiste un vieux déséquilibre.

L’Afrique fournit une partie des matières premières indispensables à l’économie mondiale sans capter une part comparable de la richesse créée par leur transformation.

C’est ce modèle que M. Guterres veut voir disparaître.

« Nous devons faire en sorte que les vastes ressources naturelles de l’Afrique – en particulier les minerais critiques – créent de la valeur locale et des emplois décents, plutôt que d’être simplement expédiées à l’étranger », a-t-il déclaré.

Les bouleversements de l’économie mondiale pourraient paradoxalement accélérer cette mutation.

Les règles commerciales deviennent plus imprévisibles, la compétition s’intensifie autour des minerais critiques et les guerres perturbent les chaînes d’approvisionnement en engrais, nourriture et carburant. Les coûts et les taux d’intérêt augmentent.

Pour le chef de l’ONU, ces secousses offrent aussi l’occasion de passer d’économies dépendantes des exportations à un modèle dans lequel davantage de valeur « reste et croît » sur le continent

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