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Affrontements entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la Russie annonce un accord de cessez-le-feu

La Russie a négocié un accord de cessez-le-feu pour mettre fin aux accrochages frontaliers entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Malgré les pourparlers entre les deux voisins, les tensions ne retombent pas et Bakou aurait certaines visées territoriales.

Un peu moins de deux ans après la guerre dite des 44 jours dans le Haut-Karabakh, un territoire ayant déclaré son indépendance de l’Azerbaïdjan en 1991, mais qui n’est à ce jour reconnu par aucun Etat-membre de l’ONU, les tensions entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie sont reparties à la hausse.

Dans la matinée du 13 septembre, des affrontements frontaliers ont de nouveau eu lieu. Le premier bilan fait état de 49 victimes du côté arménien et «des pertes» ont été concédées du côté azéri, sans toutefois préciser le nombre exact.

 Il a fallu l’intervention diplomatique de Moscou pour calmer la situation entre les deux anciennes républiques soviétiques.

«Nous espérons que l’accord conclu à la suite d’une médiation russe sur un cessez-le-feu à partir de 9h, heure de Moscou (6h GMT), sera respecté dans son intégralité», a déclaré ce 13 septembre dans un communiqué la diplomatie russe, se disant «extrêmement préoccupée par la nette dégradation de la situation».  Suite à la médiation russe «l’intensité des hostilités a diminué.

Mais les attaques continuent dans une ou deux directions», a précisé dans la matinée le Premier ministre arménien Nikol Pachinian devant le parlement de son pays. 

«Les provocations commises par les forces arméniennes à la frontière entre les deux pays ont été repoussées, tous les objectifs ont été remplis» a commenté le bureau du président azerbaïdjanais Ilham Aliev, pour qui «la responsabilité de l’escalade incombe entièrement aux dirigeants politiques arméniens».

Bakou et Erevan s’accusent mutuellement d’avoir provoqué les affrontements Malgré une tentative d’intercession de la Russie, dont la 102e base militaire, installée à Gyumri, au nord de l’Arménie, a été mise en alerte, les combats s’étaient poursuivis à l’aube du 13 septembre.

Les forces de Bakou, appuyées par l’artillerie et des drones, cherchaient selon Erevan à «avancer» en territoire arménien, le communiqué de la Défense arménienne expliquant que des «batailles» étaient en train d’être livrées en certains points de la frontière.

 L’Azerbaïdjan a en retour accusé dans la nuit l’Arménie d’«actes subversifs à grande échelle» et de «provocations», ajoutant que des tirs arméniens avaient causé des «pertes» dans ses rangs.

  Briefing du représentant du ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan Anar Eïvazov Selon l’Arménie, l’Azerbaïdjan avait entamé un «bombardement intensif» de ses positions peu après minuit en direction de Goris, Kapan, Jermuk et Vardenis au sud-est de l’Arménie.

Après les affrontements, le Premier ministre arménien, vivement critiqué par sa propre population pour avoir lancé des négociations en 2020 avec Bakou, a pu s’entretenir avec le président russe Vladimir Poutine, le président français Emmanuel Macron et le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken pour leur demander de réagir face à l’«agression» de l’Azerbaïdjan.

 La communauté internationale appelle à «la retenue» Lors de ces entretiens, Nikol Pachinian a dit espérer «une réponse appropriée de la communauté internationale», selon les communiqués du gouvernement arménien. A ce sujet, la France va d’ailleurs saisir le Conseil de sécurité de l’ONU.  L’Union européenne a appelé à un arrêt des hostilités entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et entrepris une médiation entre les deux pays, a annoncé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

 «Il est impératif que les hostilités cessent et qu’il y ait un retour à la table des négociations […] Le président [du Conseil] Charles Michel prend contact avec les dirigeants des deux pays et je m’entretiens aujourd’hui avec les ministres des Affaires étrangères respectifs», a-t-il précisé dans un communiqué. Pays frontalier, l’Iran a également appelé à «la retenue».

Le Conseil de sécurité arménien s’est par ailleurs tourné vers l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), structure régionale pilotée par la Russie garantissant la souveraineté territoriale de ses membres.

«Nous considérons que le recours à la force est inacceptable. Pour résoudre les contradictions, seules les méthodes politico-diplomatiques et les accords consignés dans les déclarations des dirigeants de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie et de la Russie du 9 novembre 2020, du 11 janvier et du 26 novembre 2021 doivent être utilisés» a expliqué Vladimir Zaïnetdinov, le porte-parole de l’organisation.

De plus, les ministres arménien et russe de la Défense, Souren Papikian et Sergueï Choïgou, ont convenu par téléphone de prendre des mesures pour stabiliser la situation à la frontière arméno-azerbaïdjanaise, a déclaré le ministère de la Défense arménien. 

De son côté, la Turquie, le principal allié de Bakou, a appelé le 13 septembre l’Arménie à «cesser ses provocations» contre l’Azerbaïdjan. «L’Arménie devrait cesser ses provocations et se concentrer sur les négociations de paix et la coopération» avec Bakou, a déclaré sur Twitter le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu.

Russia Today

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