Zone euro : les taux obligataires en fort repli après les banques centrales

Les taux d’intérêt souverains européens chutaient sur le marché obligataire hier jeudi, après les annonces de politique monétaire des banques centrales britannique et européenne, les investisseurs anticipant la fin prochaine des hausses de taux.
Le taux d’intérêt de l’emprunt de l’Etat allemand à 10 ans, qui fait référence en Europe, reculait fortement à 2,09% cet après-midi, contre 2,28% à la clôture de mercredi sur le marché de la dette.
Même tendance pour les taux français (2,55% contre 2,75% la veille), italien (3,97% contre 4,28%) et espagnol (3,04% contre 3,27%), un mouvement contre-intuitif après des annonces de hausses des taux directeurs de la part des banques centrales britannique et européenne.
La BCE a en effet relevé ses principaux taux directeurs de 0,50 point de pourcentage.
Elle « les relèvera de nouveau » d’autant en mars pour combattre l’inflation et évaluera ensuite la trajectoire de sa politique monétaire.
Une hausse d’une même ampleur des taux de la Banque d’Angleterre (BoE) a été décidée jeudi.
Le rendement de la dette britannique à 10 ans perdait cependant plus de 0,2 point de pourcentage à 3,09%.
A partir des informations données par la BCE sur ses prochaines hausses de taux, « le marché semble avoir compris que la fin du cycle de hausse des taux est proche », commentent des analystes.
Le mouvement de recul des taux obligataires européens étaient visible autant sur les taux longs que sur les taux courts, à échéance deux ans, qui reflètent les anticipations de politique monétaire.
Selon les experts, le marché anticipe même une baisse des taux américains de 0,50 point de pourcentage en fin d’année, après que le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) a déclaré mercredi observer « le début de la désinflation ».
La Fed a relevé ses taux de 0,25 point de pourcentage mercredi et son président Jerome Powell a prévenu qu’au moins deux autres hausses de taux étaient possibles cette année.
Le taux américain à dix ans a baissé à 3,35%, contre environ 3,5% avant les annonces de la Fed.
Pour les investisseurs obligataires, une fin de cycle de resserrement monétaire signifierait aussi la fin d’un niveau de taux aussi attractif, ce qui les incite « à se positionner maintenant » pour profiter de cette rentabilité, soulignent encore les analystes.
APS




