Visite du ministre israélien de la Défense au Maroc : « Ce n’est pas de la pure coïncidence »

Le ministre israélien de la Défense arrive ce mardi au Maroc. La visite qui durera jusqu’ à jeudi intervient à un moment où le Maroc intensifie les hostilités contre l’Algérie et alors que la guerre opposant l’occupant marocain au Front Polisario gagne du terrain. La presse israélienne dit que la visite du ministre de la Défense d’Israël au Maroc n’est pas une pure coïncidence. Pour Bruce Maddy-Weitzman, spécialiste des relations israélo-marocaines à l’université de Tel-Aviv, la première visite d’un ministre israélien de la défense au Maroc, en pleine tension entre les deux poids lourds du Maghreb, ne semble pas tenir de la pure coïncidence. « Il est possible que dans un contexte de tension Algérie-Maroc, les Marocains désirent montrer au monde, à leur propre population, à leurs rivaux algériens et à l’Occident qu’ils approfondissent leurs relations avec Israël, avec tout ce que cela implique », souligne-t-il. Autrement dit, le Maroc recourt à Israël pour tenter de consolider sa politique haineuse dans la région. La société israélienne Ratio Petroleum avait annoncé récemment un partenariat avec Rabat pour l’exploration d’hydrocarbures au large de Dakhla, au Sahara occidental occupé. Et l’Etat hébreu est aussi l’un des principaux exportateurs au monde de drones armés et de logiciels de sécurité comme Pegasus, de la société NSO. Or les ventes de drones armés et de certaines technologies de pointe, à l’instar du logiciel espion, doivent être approuvées par le ministère de la défense, dirigé par Benny Gantz. Là, il faut parler des nombreux assassinats perpétrés par le Maroc contre les civils, dont trois algériens, avec les bombardements par drones. Il y’a, également, l’espionnage de nombreuses personnalités algériennes par le Maroc qui a eu recourt au logiciel israélien Pegasus. Tandis que la cour européenne interdit l’exploitation des richesses naturelles du Sahara Occidental par le Maroc et les pays de l’Europe, Israël réconforte le Maroc dans son occupation avec l’accord pour l’exploration d’hydrocarbures du Sahara Occidental occupé. Le Maroc a conclu un deal avec Israël et l’ancien président américain, Donald Trump, avec la normalisation des relations diplomatiques avec Tel Aviv, en contrepartie de la reconnaissance, illégale, par Washington, de la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental. Un deal dénoncé par la communauté internationale, dont les pays de l’Europe. Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a apporté lundi 22 novembre un soutien appuyé au plan du Maroc, qu’il a jugé «crédible», pour le Sahara occidental, territoire disputé au cœur de tensions renouvelées avec l’Algérie. Un soutien à l’occupation du Sahara Occidental par le Maroc qui intervient à la veille de la visite du ministre israélien de la défense au Maroc. Washington qui souffle le chaud et le froid, a, il y’a quelques jours, exprimé le soutien a l’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara Occidental, Stéphane Di Mistura. Israël intercède auprès de Washington au bénéfice du Maroc qui milite pour l’acceptation d’Israel en tant que membre observateur à l’UA. La visite du ministre israélien de la défense au Maroc n’est donc pas une pure coïncidence, comme le dit la presse d’Israël.
Mounir Abi




