Afrique

Violences intercommunautaires au Soudan : l’ONU appelle à une action urgente pour enrayer le risque d’une guerre civile

La conseillère spéciale des Nations unies pour la prévention du génocide, Alice Wairimu Nderitu, s’est dit « alarmée » mercredi, face à la persistance des violences intercommunautaires et ethniques dans certains Etats et régions du Soudan, appelant à une action urgente pour enrayer le risque d’une guerre civile, de génocide et de crimes d’atrocité connexes.

« Après quatre mois de combats incessants, accompagnés de violations des droits de l’homme et d’abus généralisés, le nombre de morts, de blessés et les milliers de personnes déplacées dans le cadre d’un conflit à forte composante identitaire, est inacceptable », a déclaré Mme Nderitu dans un communiqué, faisant allusion à la violence généralisée dans la capitale Khartoum, au Darfour, dans le Kordofan et dans les Etats du Nil Bleu.

Selon la responsable onusienne, le conflit au Soudan, « caractérisé par une situation humanitaire désastreuse et un vide sécuritaire et de protection préoccupant, a la capacité de déclencher des violences dans l’ensemble de
la région, y compris selon des critères ethniques, ce qui constituerait un risque aggravé de tels crimes – risque accru par la prolifération actuelle d’armes légères et de petit calibre illégales ».

Ainsi, des centaines de personnes auraient été tuées et de nombreuses autres blessées lors d’affrontements entre membres de différentes tribus, sans compter les pillages et les incendies de maisons, ainsi que les attaques contre des installations médicales à El Geneina.

Au cours des derniers mois, des informations reçues par la conseillère spéciale faisaient état de groupes importants d’hommes armés qui auraient perpétré des attaques répétées dans cette même localité, détruisant des maisons.

« Toutes les parties au conflit, y compris les groupes armés, doivent déposer les armes et cesser immédiatement de prendre les civils pour cible », a-t-elle insisté, exhortant la communauté internationale à « utiliser tous les outils disponibles » pour empêcher toute nouvelle escalade « dans la situation actuelle, très préoccupante et qui se détériore ».

De son côté, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué que le nombre de déplacés internes a doublé depuis le début du conflit au Soudan. Près de 7,1 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du Soudan, dont plus de quatre millions sont de nouveaux déplacés, à la suite des violences qui ont éclaté à la mi-avril entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR).

L’OIM a souligné que ces mouvements de populations et le conflit ont provoqué une « grave crise humanitaire », sachant qu’au moins 24,7 millions de personnes, soit la moitié de la population du pays, ont besoin d’une aide humanitaire et d’une protection.

Or, avec l’intensification des hostilités, les combats et les autres obstacles rencontrés par les organisations humanitaires continuent de rendre l’accès aux personnes dans le besoin extrêmement difficile dans de nombreuses régions du pays.

APS

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