Une enquête de Mediapart déclenche une polémique sur la mise en cause de LFI dans les violences du 17 octobre
Une vive controverse secoue la scène politique française à la suite d’une enquête publiée par Mediapart, selon laquelle le gouvernement aurait donné des consignes aux services de renseignement territoriaux afin d’imputer à La France insoumise (LFI) la responsabilité de l’organisation de la mobilisation massive du 17 octobre, marquée par des violences urbaines et des affrontements avec les forces de l’ordre ,pour le plus grand plaisir de l’extrême droite.
D’après des échanges écrits consultés par Mediapart, un commissaire du renseignement territorial dénonce le fait qu’il ait été demandé aux services concernés d’« écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement », une affirmation qu’il juge objectivement fausse au regard des informations recueillies sur le terrain.
Le ministre de l’Intérieur a démenti avoir donné de telles instructions, alors même que plusieurs membres du gouvernement, dont lui-même, avaient auparavant publiquement accusé La France insoumise et la gauche d’alimenter ou d’instrumentaliser les tensions et les dégradations.
Face à ces révélations, les responsables de LFI, notamment Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement, et Jean-Luc Mélenchon, ont dénoncé un « scandale d’État » et annoncé leur intention de saisir la justice, notamment à travers une action visant le ministre Laurent Nuñez.
Mathilde Panot a notamment dénoncé ce qu’elle qualifie de « fabrique du mensonge », estimant que les révélations de Mediapart mettent en cause les méthodes employées par l’exécutif. « Je termine par dire sur ce point-là qu’il y a eu une fabrique du mensonge évidente, révélée par vos collègues de Mediapart, avec un scandale d’État », a-t-elle déclaré.
S’appuyant sur les informations publiées par le média, elle a affirmé que « le gouvernement a donc ordonné, a donné des ordres pour que les services de renseignement expliquent que les mobilisations et les violences viennent de La France insoumise ».
La députée a également cité les propos d’un commissaire du renseignement territorial, qui aurait dénoncé des instructions visant à attribuer à LFI la responsabilité du mouvement, malgré des constats de terrain jugés contraires à cette interprétation.
Elle estime qu’une telle démarche ferait peser un risque sur l’impartialité du travail des services de renseignement et permettrait de politiser un échec sans en assumer pleinement les responsabilités.
« Dans n’importe quelle démocratie, cela s’appelle un scandale d’État, nous saisissons donc la Cour de justice de la République », a-t-elle conclu.
De son côté, Manuel Bompard a insisté sur la gravité des faits rapportés, soulignant que la fabrication de faux documents et l’abus d’autorité, notamment lorsqu’il consiste à donner des instructions dépassant les prérogatives de leur auteur, sont susceptibles de constituer des délits.
Il a également dénoncé la possibilité que les services de renseignement territoriaux soient amenés à produire des rapports mensongers sous l’effet de consignes politiques.
« Si les renseignements territoriaux produisent des rapports mensongers, et si on leur demande d’écrire à l’intérieur de ces rapports des choses qui sont fausses, ça s’appelle un scandale d’État », a-t-il martelé.
Le coordinateur national de LFI a enfin jugé « absolument inacceptable » toute manipulation du travail des services de renseignement visant à cibler son mouvement et à lui imputer une responsabilité dans des actes dont il affirme qu’il n’est pas responsable.
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