Un institut espagnol met en garde contre un risque d’explosion sociale au Maroc

L’Institut royal espagnol « Elcano » a mis en garde contre les risques d’une explosion sociale au Maroc, dans un contexte marqué par de profondes failles du modèle économique et de développement du pays.
Il estime que le départ de dizaines de milliers de Marocains vers l’enclave espagnole de Ceuta, fin juillet dernier, ne constituait pas « une simple crise migratoire », mais révélait un important malaise économique.
Dans un article, l’institut espagnol, spécialisé dans les questions internationales, explique qu’environ 70 000 Marocains se sont dirigés vers Ceuta les 30 et 31 juillet derniers.
Selon lui, ces personnes ne fuyaient ni une guerre ni une catastrophe naturelle, mais étaient motivées par l’absence de perspectives d’emploi ou de formation, révélant ainsi l’ampleur de la crise sociale dans le pays.
L’institut souligne également le contraste entre les indicateurs économiques mis en avant par le Maroc et la réalité du marché du travail, alors que le taux de chômage des jeunes atteint 37 %.
Il précise que « 230 000 des 400 000 Marocains ayant atteint l’âge de travailler l’année dernière étaient sans emploi, ni études, ni formation ».
L’institut critique par ailleurs la faiblesse du secteur privé et l’ancrage d’un « capitalisme de connivence », évoquant la domination de l’État et des grands groupes sur de larges pans de l’économie, ainsi que la faiblesse de la concurrence et les difficultés des petites et moyennes entreprises à se développer et à créer des emplois.
Il met également en avant les inégalités sociales et territoriales, dénonçant notamment la « dégradation des services publics de santé ».
Selon la même source, la poursuite du modèle actuel pourrait conduire à une nouvelle crise à Ceuta ou, plus grave encore, à une « explosion sociale au Maroc ».
L’institut conclut que la stabilité future du Royaume dépend désormais d’une réalité préoccupante : des millions de jeunes Marocains restent privés de conditions de vie dignes.




