
Après avoir prêté serment dans l’après-midi de mardi 17 septembre, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a lors de son discours d’investiture prononcé en tant que chef d’Etat pour un second mandat, pour présenter les grandes lignes du programme de son prochain quinquennat, annoncé notamment l’ouverture d’un dialogue national avec toutes les forces vives du pays.
Une confiance renouvelée face à des conjonctures sensibles
Le président algérien a indiqué qu’il continuera à porter la responsabilité dont il est chargé par le peuple, en toute loyauté envers le peuple et dévouement à la patrie, dans une conjoncture sensible en raison des défis aux niveaux interne, régional et international.
« Cette confiance et mandat appellent à renforcer la détermination et à mobiliser les capacités pour renforcer le bilan des acquis et des réalisations du premier mandat et qui sont aujourd’hui une réalité indéniable », a affirmé le chef de l’Etat.
Le président Tebboune a exprimé sa fierté de la prise de conscience du peuple algérien.
« Nous sommes fiers de la prise de conscience de notre grand peuple et de la maturité de sa jeunesse ambitieuse », a-t-il salué.
« Nous avons relevé le défi de transformer une Algérie trahie et épuisée par un environnement de désespoir et de frustration, caractérisé par un état d’effondrement de la confiance dans les symboles de l’État et de ses institutions, et la généralisation de la corruption et le pillage des fonds publics, en une Algérie dans laquelle l’espoir est ravivé. Nous avons pu restaurer l’aura de notre pays grâce à la sincérité des paroles suivies d’actes, accompagnée de la réalisation des 54 engagements que nous avons pris envers le peuple », a-t-il ajouté.
Un dialogue national ouvert
Dans la foulé de son discours d’investiture, Tebboune a annoncé l’un ses chantiers les plus importants de son prochain quinquennat : « au cours du second mandat, nous engagerons des discussions soutenues et des consultations avec l’ensemble des forces vives du pays, politiques économiques et juvéniles ».
Et de poursuivre : « Un dialogue national ouvert sera lancé, nous permettant de baliser ensemble le chemin qu’empruntera notre pays en matière de consécration de la véritable démocratie, non pas celle des slogans, mais celle qui donne la souveraineté à ceux qui la méritent ».
450 000 futurs postes d’emplois et industrialisation de l’Algérie
Le président algérien a souligné qu’en dépit d’une conjoncture exceptionnelle caractérisée notamment par la pandémie de la Covid-19, qui a marqué son premier mandant, l’Algérie a réussi à réaliser une croissance économique et le développement social.
Les projets stratégiques ont commencé à émerger et l’Algérie aspire à davantage de développement économique, s’en est félicité le chef de l’Etat.
« Où que nous tournions notre visage en 2024, nos regards tomberont sur des projets achevés et des chantiers ouverts dans l’habitat, la culture, le sport et le développement social, dont des projets géants dans le secteur minier et la production de minerai de fer, de phosphate et de zinc à Gara Jbeilat et Tébessa », a-t-il indiqué.
Le président a annoncé le lancement d’un projet du chemin de fer du nord du pays jusqu’à l’extrême sud, à Tamanrasset, pour repeupler les zones inhabitées.
Tebboune a rappelé les avancées significatives dans la production agricole grâce à une carte agricole élaborée selon des critères scientifiques, ce qui a permis de réduire les importations, s’engageant à atteindre l’autosuffisance complète en blé dur d’ici fin 2025 et d’atteindre une production importante pour les cultures d’orge et de maïs à l’horizon 2026, tout en étendant les surfaces irriguées de près d’un million d’hectares.
Le chef de l’Etat s’est engagé également à créer 450 000 emplois pour les jeunes durant son second mandat présidentiel.
Concernant les start-up, le président de la République s’est engagé à atteindre 20 000 entreprises de ce type, faisant état de près de 8 000 start-up aujourd’hui contre moins de 200 en 2020.
Le Président algérien a évoqué l’augmentation du volume des investissements en Algérie, grâce à la stabilité, la confiance et les capacités financières dont dispose le pays et son attractivité économique, ce qui a permis d’enregistrer environ 9 000 projets d’investissement, ce qui portera le taux de croissance à 4 %, de créer des emplois et de générer de la richesse.
Il a rappelé que le taux de l’industrie dans le PIB (produit intérieur brut) était de 3,5 %, s’engageant à augmenter ce taux à 12 %.
Le président Abdelmadjid Tebboune s’est également engagé à poursuivre les travaux sur le plan d’approvisionnement en eau potable, précisant que 5 usines géantes de dessalement d’eau de mer, d’une capacité de 300 000 mètres cubes par jour, seront réceptionnées en décembre prochain et qu’il en sera de même dans les wilayas qui enregistrent une pénurie d’eau potable, avec un engagement de ne pas importer de matériel à l’exception du matériel de pointe.
Il a ajouté dans ce sens que le projet est porté par des cadres algériens qui seront appuyés par de nouvelles ressources humaines après l’introduction d’une formation spécifique dans tous les centres de formation professionnelle et universités pour former des ingénieurs diplômés dans la filière de dessalement de l’eau de mer.
Tebboune a annoncé le lancement, dans le cadre du PLF 2025, d’un projet des grands transferts hydrauliques visant à connecter les grands barrages sur un total de 84 barrages situés dans les zones à fortes précipitations aux barrages situés dans les zones sèches.
Deux millions de logements à l’avenir
En ce qui concerne le secteur du logement, le Président Tebboune a dévoilé qu’au cours de son premier mandat, près de deux millions (1 700 000) de logements ont été achevés, ajoutant que le secteur de l’habitat verra la construction de deux millions de nouveaux logements sous diverses formules, avec l’engagement d’augmenter la subvention pour le logement rural à 100 millions de centimes.
Le chef de l’Etat a souligné que ceux qui complotent contre ce pays doivent comprendre l’ampleur des acquis du premier mandat malgré la crise sanitaire de la Covid-19, notant que les projets de construction de logements, malgré leur grand nombre, sont réalisés avec des matériaux algériens du début à la fin, ce qui rend le taux d’impact sur le trésor public faible par rapport à l’époque de tout-import.
« C’est cela la différence entre l’Algérie d’aujourd’hui et l’Algérie d’hier. Je renouvelle devant vous mon engagement à réaliser deux millions d’unités de logements durant mon nouveau mandat, sous toutes les formules », a-t-il promis.
Le président Tebboune s’est également engagé à porter l’aide à l’habitat rurale à 100 millions de centimes par personne, et à achever définitivement le dossier des zones d’ombre avant la fin de la première année du mandat.
« Nous avons réussi le programme à 85 %. Aujourd’hui, 8 millions d’Algériens qui vivaient dans la marginalisation bénéficient de tous les droits comme l’éducation, le gaz, la santé, les transports et l’éclairage public », a-t-il affirmé.
Il a souligné que « l’Algérie, avec la reconnaissance de toutes les institutions internationales, a atteint un taux de croissance de 4,1% en 2024 et nous continuerons dans cette voie pour garder le même rythme de croissance ».
Le bilan du premier mandat devant le Parlement avant fin 2024
Dans son discours d’investiture, le président Tebboune s’est engagé à présenter le bilan de son premier mandat devant les deux chambres du Parlement avant fin 2024, ainsi que « tous les détails » relatifs au second mandat.
Après avoir réitéré sa promesse à poursuivre son engagement dans le cadre du programme : « Pour une Algérie victorieuse », comme la protection du pouvoir d’achat du citoyen, la lutte contre l’inflation pour qu’elle ne dépasse pas 4,5 %, le contrôle des prix, notamment ceux des matières premières, et en augmentant les pensions et les salaires avant la fin du deuxième mandat, le président Tebboune a renouvelé son engagement envers les Algériens à améliorer la performance de l’action du gouvernement et à œuvrer pour porter le produit intérieur brut (PIB) à 400 milliards de dollars et faire accéder l’Algérie au rang des pays émergents.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a conclu son discours, en disant : « C’est notre vision d’une Algérie victorieuse, et nous serons fidèles au slogan que nous avons brandi durant la campagne électorale ».
Ecrit par : Nassima Adjadj
Traduit par : Hamid Mecheri




