Soudan : la FAO alerte sur la dégradation des perspectives de la prochaine récolte céréalière

Alors que l’insécurité alimentaire demeure critique et qu’un risque de famine plane sur 14 zones du pays, les perspectives de la prochaine récolte céréalière se dégradent au Soudan, alerte l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon l’agence onusienne, les pluies insuffisantes, l’insécurité et les pénuries d’intrants agricoles compromettent déjà la saison.
La FAO souligne que la production de 2025 était restée inférieure à la moyenne et que les prix des céréales demeurent exceptionnellement élevés.
Depuis la mi-août, les cultures attendent des pluies essentielles à leur développement, mais celles-ci font défaut dans une grande partie des zones agricoles.
La FAO indique dans un rapport que les cultures semées cette année subissent un double choc : le déficit de précipitations et les répercussions du conflit qui ravage le pays. La situation est particulièrement préoccupante dans le sud-est.
A Sennar et Gedaref, deux Etats qui représentent à eux seuls environ un quart de la production nationale moyenne de sorgho, les pluies enregistrées entre juin et la mi-août étaient respectivement inférieures de 20 % et de 30 % aux normales de long terme. Conséquence : la végétation s’est fortement dégradée.
A la mi-août, l’indice de stress agricole de la FAO signalait une sécheresse sévère sur jusqu’à 40 % des terres cultivées à Sennar et 70 % à Gedaref.
Les prévisions pour la fin de la saison agricole font état d’une forte probabilité de précipitations inférieures à la moyenne, faisant peser un risque supplémentaire sur les rendements attendus à partir de novembre.
A cette menace climatique s’ajoute celle, plus ancienne et plus brutale, du conflit.
Dans le Grand Darfour, le Grand Kordofan et l’Etat du Nil-Bleu, l’insécurité empêche nombre d’agriculteurs d’accéder à leurs champs. Le manque de carburant, le coût des intrants et l’accès réduit au crédit ajoutent encore aux difficultés des agriculteurs.
Selon l’évaluation des récoltes et de l’approvisionnement alimentaire (CFSAM), la production céréalière nationale – sorgho, mil et blé – a été estimée à 5,2 millions de tonnes, en baisse de 22 % sur un an et de 19 % par rapport à la moyenne quinquennale.
Cette contraction de l’offre se répercute directement sur les prix, pesant lourdement sur l’accès des populations aux denrées alimentaires. Selon la dernière analyse du Cadre intégré de cl assification de la sécurité alimentaire (IPC), environ 19,5 millions de personnes, soit plus de 40 % de la population, ont fait face à une insécurité alimentaire aiguë de phase 3 ou pire entre février et mai dernier.
Parmi elles, quelque 5 millions étaient en phase 4 et 135.000 en phase 5 (catastrophe).
Le conflit reste le principal moteur de cette crise, ayant déjà provoqué environ 11,3 millions de personnes déplacées de force depuis avril 2023, dont 6,4 millions déplacés internes et 4,6 millions de réfugiés dans les pays voisins.




