Rupture des relations diplomatiques avec les Emirats: une décision souveraine dictée par les intérêts suprêmes du pays

La décision prise par l’Algérie de rompre ses relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis a fait la Une des titres de la presse nationale paraissant samedi, et qui ont souligné le caractère souverain de cette décision visant à préserver les intérêts suprêmes du pays.
Sous le titre « Alger acte la rupture avec Abou Dhabi », le quotidien El-Moudjahid souligne que cette décision est intervenue « après des mois de retenue et de nombreuses mises en garde », tout en rappelant les déclarations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, lors de ses entretiens périodiques avec les médias nationaux, quand il affirmait que « partout où il y a des conflits, l’argent de cet Etat (les Emirats) est présent, au Mali, en Libye et au Soudan.
Nous les considérons toujours comme des frères, nous prions Dieu de les ramener sur le droit chemin », insistant sur le fait que « l’Algérie n’a pas cherché l’escalade verbale ».
Le journal est également revenu sur « la stratégie du chaos » exécutée par les Emirats dans plusieurs régions à travers le monde, reprenant à cet effet les réactions de la classe politique nationale qui soutient cet « acte diplomatique et décision souveraine » de l’Algérie.
Pour sa part, le quotidien Horizons a interviewé l’universitaire Azzedine Nemiri, qui a qualifié les Emirats de « cancer de la nation arabe », un pays ayant « tenté d’influer l’ensemble de la région où le rôle de l’Algérie prend de l’ampleur en tant que puissance et acteur majeur dans le Grand Sahara et au Sahel ».
Sous le titre « Alger ferme la porte à Abou Dhabi », le quotidien El Watan est revenu, lui aussi, avec une analyse sur les motivations objectives et les répercussions stratégiques, politiques et commerciales de la décision de rupture des relations avec les Emirats, notant que « la formulation employée par la diplomatie algérienne situe la décision dans un processus et non dans une réaction à un épisode isolé ».
Les relations tendues entre les deux pays, souligne El Watan, relèvent « d’un contentieux aux ramifications dépassant le registre diplomatique », citant, en outre, le soutien accordé par les Emirats au Mouvement terroriste « MAK », ainsi que « l’affaire de l’homme d’affaires algérien et justiciable, Ayoub Aissiou, les Emirats ayant intervenu en Espagne pour empêcher son extradition vers l’Algérie ».
La publication s’est également intéressée à la manière avec laquelle « la stratégie émiratie redessine son influence néfaste » du Maghreb à la Corne d’Afrique en passant par le Sahel jusqu’à la Mer Rouge, en pesant sur plusieurs théâtres de crises », notant ainsi « le rapprochement » de la position émiratie de celle makhzen en ce qui concerne la question du Sahara occidental.
A cela s’ajoute, « le renforcement des relations économiques et sécuritaires entre les Emirats et le Makhzen au moment où un rapprochement militaire entre Rabat et Tel-Aviv est également mis en marche ».
Pour le Quotidien d’Oran, l’Algérie n’a fait que « répliquer aux agressions émiraties », en optant pour la rupture des relations diplomatiques, tandis que Le Soir d’Algérie a titré « L’Etat toxique remis à sa place », rappelant les propos du président République sur « l’action déstabilisatrice (des Emirats) contre l’Algérie et plusieurs Etats de la région », notamment sa récente déclaration quand il avait souligné que « Là où ils mettent les pieds, le sang coule ».
Pour sa part, le journal El Massa a évoqué « les nombreux épisodes de provocations et les agissements émiratis hostiles, au moment où l’Algérie a fait montre de retenue et d’un sens élevé de responsabilité », relevant que la décision de rupture des relations diplomatiques « n’a pas été prise de manière prompte, mais elle est la conséquence d’une succession de conflits politiques, économiques, régionaux et sécuritaires ».
A ce propos, nombre de dossiers corroborant la thèse déstabilisatrice des Emirats ont été publiés par le quotidien El-Khabar, citant notamment « le financement de campagnes médiatiques visant à semer la division entre les Algériens et les liens entretenus avec le +MAK+, ainsi que les manœuvres émiraties dans la région du Sahel, qui représente un ancrage sécuritaire pour l’Algérie« .
De son côté, le quotidien Echaab a relevé que « la patience est épuisée, la leçon est finie et le complot est démasqué », mettant l’accent sur les positions de la classe politique nationale qui soutient unanimement cette décision, qualifiée de « ferme et de nature à mettre fin au plan hostile à l’Algérie« .
Dans le même sillage, le quotidien Echourouk s’est félicité de « l’élimination de la tête pensante des maux et des complots », précisant qu’il ne s’agit pas d' »une décision brusque ou d’un orange d’été dans le ciel de la diplomatie arabe, mais de l’issue irréversible d’un long processus de discorde entre deux capitales aux choix opposés« .




