Europe

Parlement européen : la gauche dépose une motion de censure contre Ursula von der Leyen

Après l’extrême droite, la gauche a annoncé jeudi au Parlement européen le dépôt d’une motion de censure visant la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, une initiative dont les chances de succès apparaissent très limitées, ont rapporté des médias internationaux.

La cheffe du groupe, Manon Aubry, a précisé avoir réuni les 72 signatures nécessaires pour lancer la procédure, qui pourrait être débattue dans les prochaines semaines à Strasbourg. Elle accuse l’Union européenne de « complicité » dans le « génocide » à Ghaza, et lui reproche de « fermer les yeux » sur la situation au Proche-Orient.

Mercredi, Ursula von der Leyen avait durci son discours contre l’entité sioniste, proposant des sanctions contre certains ministres qualifiés d’« extrémistes » ainsi qu’une suspension partielle de l’accord d’association UE–entité sioniste sur le volet commercial. Des mesures jugées « insuffisantes » et « tardives » par Manon Aubry, qui estime par ailleurs qu’elles auront peu de chances d’être adoptées dans un contexte de fortes divisions entre États membres.

La gauche critique également l’accord commercial conclu fin juillet avec Donald Trump, qualifié de « vassalisation » vis-à-vis des États-Unis, ainsi que l’accord de libre-échange avec le Mercosur, dénoncé pour ses « conséquences terribles » sur l’environnement.

Cette motion de censure, tout comme celle initiée par l’extrême droite, devrait échouer, la droite, les centristes et les sociaux-démocrates ne souhaitant pas renverser la présidente de la Commission. Manon Aubry a par ailleurs écarté tout soutien à la motion déposée par l’extrême droite accusée « d’obsessions rances » et « racistes ».

En juillet, une précédente tentative de censure de l’extrême droite avait déjà été largement rejetée. Bien que soutenue par le Parti populaire européen (PPE), Ursula von der Leyen fait néanmoins l’objet de critiques récurrentes, y compris de ses alliés centristes et sociaux-démocrates, qui dénoncent sa gouvernance jugée trop verticale et reprochent au PPE ses ambiguïtés vis-à-vis de l’extrême droite.

Les débats autour de ces motions permettront d’évaluer la solidité de la majorité dite « pro-européenne », que la présidente de la Commission a cherché à conforter mercredi lors d’un discours consacré à ses priorités politiques pour les douze prochains mois.

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