Nouvelle affaire Pegasus: Le Maroc et Israël espionnent les diplomates américains en Ouganda

Le concepteur israélien du logiciel d’espionnage controversé Pegasus auquel le Maroc a recouru pour espionner nombre de pays, dont l’Algérie, fait encore parler de lui, ciblant, cette fois, les diplomates américains en Ouganda.
Il s’agit de la société qui a développé le logiciel espion Pegasus, qui aurait permis d’espionner les numéros de journalistes, hommes politiques, militants ou chefs d’entreprise de différents pays, selon les révélations d’un collectif de médias internationaux réalisées cet été, note RT.
Les piratages révélés ce 4 décembre, qui auraient eu lieu au cours des derniers mois, ont visé des fonctionnaires américains basés en Ouganda ou travaillant sur des questions relatives à ce pays d’Afrique de l’Est, selon deux de l’agence. NSO, déjà mise en cause pour l’espionnage de chefs d’Etat et de centaines de représentants gouvernementaux de différents pays algériens notamment, a déclaré le 2 novembre dans un communiqué n’avoir aucune indication que ses logiciels aient été utilisés, mais qu’elle avait suspendu les comptes potentiellement concernés et allait enquêter sur la base des informations de Reuters.
L’affaire, considérée comme l’un des plus grands scandales d’espionnage, de la décennie, éclatera au grand jour après la publication, en juillet 2021, par 17 médias internationaux, des révélations sur l’utilisation du logiciel espion israélien baptisé Pegasus. Leur travail se fonde sur une liste de 50.000 numéros de téléphone présélectionnés par les clients de NSO pour une éventuelle mise sous surveillance, obtenue par le réseau Forbidden Stories et l’ONG Amnesty International.
Le Maroc s’est empêtrée dans une nouvelle affaire d’espionnage, prenant cette fois pour cible des journalistes marocains et des professionnels de médias étrangers à l’aide d’un logiciel israélien, prouvant ainsi des informations récurrentes sur une collaboration avec Israël dans le domaine de l’espionnage remontant à soixante ans. Encore et selon ces révélations, le Maroc espionnait, grâce à ce logiciel israélien, plus de 6000 numéros de téléphone en Algérie, de 1000 en France et de 500 numéros en Turquie.
En 1965, lorsque les dirigeants arabes et les commandants militaires se sont rencontrés à Casablanca, le Maroc a permis au Mossad de mettre sur écoute leurs salles de réunion et suites privées, avait notamment note un quotidien américain.
« L’Algérie a exprimé son inquiétude suite aux révélations faisant état de l’utilisation à large échelle par les autorités de certains pays, et tout particulièrement par le Royaume du Maroc, d’un logiciel d’espionnage dénommé Pegasus contre des responsables et citoyens algériens », affirme le ministère des affaires étrangères dans un communiqué. Ceci, pour la première affaire Pegasus.
La nouvelle affaire Pegasus illustre la détermination du Maroc et d’Israël au moment où l’Algérie et nombre de pays milite pour empêcher Israël d’obtenir le statut d’observateur à l’Union Africaine, avec la coopération du Maroc.
Mounir Abi


