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Maroc : répression policière face aux citoyens dénonçant la crise des infrastructures sanitaires

Au Maroc, les forces de l’ordre ont eu recours à des pratiques d’intimidation lors d’une manifestation citoyenne pacifique à Taza, organisée mercredi soir devant les urgences de l’hôpital Ibn Baja, où les protestataires dénonçaient la dégradation alarmante du système de santé après la mort d’un citoyen faute de prise en charge.

Ce décès, vécu comme un symbole de l’échec du système de santé marocain, a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique locale et nationale.

Les manifestants, parmi lesquels des militants de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), des syndicats enseignants et des associations de chômeurs diplômés, dénonçaient la « dégradation alarmante du secteur de la santé », le manque de personnel, d’équipements et de services, ainsi que l’abandon du droit fondamental à la santé.

Bien que la manifestation se soit déroulée dans le calme, des éléments des forces de l’ordre marocaines ont adopté des comportements d’intimidation en filmant de très près les participants, notamment les femmes, avec leurs téléphones personnels — une pratique perçue comme une provocation visant à dissuader et à instaurer la peur.

Plus inquiétant encore, un individu en état d’ivresse a pu provoquer les manifestants par des gestes obscènes sans intervention sérieuse des autorités.

« Malgré l’alerte donnée aux forces de sécurité présentes et la responsabilité qui leur incombe d’intervenir pour l’éloigner et protéger les manifestants, celles-ci se sont contentées d’observer avec indifférence. Pire encore, certains agents ont adopté des comportements traduisant le mépris et le manque de sérieux face à la situation, ce qui constitue une attitude irresponsable et soulève de nombreuses interrogations sur les raisons de cette complaisance », s’est indigné l’AMDH dans un communiqué publié sur son site internet.

Le communiqué de l’AMDH dénonce une répression insidieuse visant à museler la contestation sociale. L’association considère que la mort du citoyen devant l’hôpital est la conséquence directe de l’échec des politiques publiques de santé et appelle à une enquête sur les comportements des forces de l’ordre.

Elle exige également que les autorités marocaines assument leurs responsabilités face aux provocations et aux intimidations qui visent à décourager l’expression citoyenne.

(Al24News)

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