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Maroc : réouverture du bureau de liaison sioniste à Rabat, le Makhzen s’enfonce dans la normalisation, dénonce BDS Maroc

Dans une déclaration particulièrement virulente publiée sur les réseaux sociaux, la branche marocaine du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS Maroc) a dénoncé la réouverture, le 12 août, du bureau de liaison sioniste à Rabat, situé sur l’avenue Mehdi Ben Barka, du nom de l’opposant marocain enlevé et assassiné par les Autorités marocaines à Paris en 1965, avec une implication des services secrets sionistes.

Pour le mouvement, cette nouvelle étape « traduit l’enracinement de la normalisation entre Rabat et l’entité sioniste, alors que la guerre à Ghaza se poursuit dans un contexte marqué, selon les organisations internationales et les ONG, par des destructions massives, une crise humanitaire majeure et de lourdes pertes civiles ».

BDS Maroc a estimé que les autorités marocaines font ainsi le choix de s’enfoncer davantage dans le « bourbier de la normalisation », en dépit de la contestation d’une partie importante de l’opinion publique marocaine et des appels répétés à rompre les relations avec l’entité sioniste. Le mouvement accuse également le Makhzen « de faire fi de la volonté populaire et de maintenir la coopération avec l’entité sioniste alors que les Palestiniens continuent de subir les conséquences dévastatrices du génocide sioniste ».

Dans son communiqué, BDS Maroc a affirmé que « plusieurs facteurs ont permis à l’entité sioniste de poursuivre sa guerre contre les Palestiniens pendant près de trois ans », citant notamment « l’incapacité de la communauté internationale à mettre un terme aux violences et la coopération de plusieurs gouvernements arabes et étrangers avec l’entité sioniste, malgré les appels de leurs populations à mettre fin à la normalisation ».

Le mouvement a estimé que l’ampleur et la continuité des violences sionistes commises à Ghaza « auraient dû pousser le Makhzen à revoir ses accords avec l’entité sioniste et à prendre des mesures pour empêcher l’acheminement de matériels militaires par ses ports et son territoire ». Il accuse, au contraire, les autorités marocaines de poursuivre leur rapprochement avec l’entité sioniste et de multiplier les formes de coopération, au mépris, selon lui, des mobilisations populaires en faveur de la cause palestinienne.

Une coopération militaire et sécuritaire accrue

Dans son réquisitoire, BDS Maroc affirme que la coopération entre Rabat et l’entité sioniste ne se limitait plus aux relations diplomatiques ou économiques. Le mouvement accuse les autorités marocaines d’autoriser l’utilisation de ports marocains par des navires susceptibles de transporter des armes, de permettre l’organisation d’exercices et d’activités militaires et d’acquérir des équipements militaires auprès d’entreprises sionistes.

Pour BDS Maroc, la ré ouverture du bureau de liaison sioniste ne constitue donc qu’un nouvel épisode d’un processus beaucoup plus large. Depuis l’accord de normalisation conclu en 2020, les relations maroco-sionistes se sont développées dans plusieurs domaines, notamment la diplomatie, l’économie, la sécurité, la défense, le tourisme et les échanges culturels.

Cette position du Makhzen nourrit une profonde fracture entre la politique étrangère menée par les autorités marocaines et une large base populaire favorable à la cause palestinienne. Des manifestations ont régulièrement été organisées au Maroc pour réclamer la rupture des relations avec l’entité sioniste.

BDS Maroc a appelé les Marocains à intensifier la mobilisation contre la normalisation. Le mouvement estime que « la résistance palestinienne et sa capacité à maintenir la question palestinienne au centre de l’attention internationale ont contribué à révéler « le vrai visage » de l’entité sioniste et les limites de sa capacité à poursuivre la guerre sans le soutien de ses alliés ».

(Al24News)

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