Maroc : plusieurs syndicats se joignent à l’appel à une grève massive et générale, alors que la pression s’accroît sur le Makhzen

Les organisations syndicales et professionnelles s’organisent au Maroc pour réussir l’appel pour une grève générale, massive et à grande échelle, les 5 et 6 février, dans tout le royaume. Une action de colère populaire sans précédent au Maroc depuis au moins une décennie.
La dernière grève générale au Maroc remonte à 2016, lorsque Aziz Akhannouch, richissime homme d’affaire, contesté par pour ses politiques impopulaires, sa mauvaise gestion et la corruption, est devenu Premier ministre fin 2021.
Les plus grandes organisations syndicales du Maroc ont appelé à ce débrayage pour faire pression sur le Premier ministre Aziz Akhannouch afin qu’il reprenne les négociations salariales et annule les projets de réforme du système de retraite en difficulté du royaume.
L’arrêt de travail de mercredi et jeudi concernera les travailleurs des secteurs public et privé, selon les annonces faites mardi par cinq syndicats, dont le plus ancien et le plus puissant du pays, l’Union marocaine du travail (UMT).
Quatre grandes centrales syndicales du Maroc, à savoir la Confédération Démocratique du Travail (CDT), l’Union Nationale du Travail au Maroc (UNTM), l’Organisation Démocratique du Travail (ODT), et la Fédération des Syndicats Démocratiques (FSD), ont expliqué lundi que cette action intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de plusieurs projets de loi ayant suscité la colère des travailleurs marocains, notamment le projet de loi encadrant le droit de grève.
Younes Firachane, membre du bureau exécutif de la Confédération Démocratique du Travail (CDT), a déclaré à des médias que le gouvernement marocain, au lieu de se pencher sur la crise sociale aiguë que vivent les Marocains, marquée par le chômage et la hausse des prix, cherche à imposer une loi « restrictive du droit de grève » tout en refusant d’écouter les syndicats.
Firachane a souligné que le gouvernement marocain à fait passer des lois impopulaires sans prêter attention à la voix de la rue.
« La grève de mercredi prochain est un avertissement, suivi d’actions plus radicales si le gouvernement ne revient pas à la raison », a-t-il prévenu le gouvernement d’Akhanouch.
Face à l’intensification de la crise économique dans le Maroc, le chômage montant en flèche, notamment parmi les jeunes, est une autre source d’inquiétudes pour les Marocains. Et même décrocher un diplôme universitaire ne signifie par un accès à l’emploi.
L’Association Nationale des Diplômés Chômeurs du Maroc (ANDCM) a exprimé son soutien et adhésion à la grève générale les 5 et 6 février, estimant que « le régime du Makhzen actuel, de nature tripartite, antinational, anti-démocratique et antipopulaire, poursuit son attaque féroce contre le peuple marocain de diverses catégories sociales ».
« Cette offensive se manifeste par le gel des salaires, l’augmentation des impôts directs et indirects, ainsi que par la hausse exorbitante des prix des produits de base et agricoles. Cette situation menace gravement le pouvoir d’achat des citoyens, les rendant incapables de couvrir leurs besoins quotidiens (santé, éducation, alimentation, logement, transport…) », a dénoncé l’ ANDCM, dans un communiqué.
D’après la même association, les « chiffres officiels, tels que le taux de chômage de plus de 21% et les bas classements dans les indices de développement, confirment que les mesures fictives adoptées par l’État ne sont que des slogans destinés à l’extérieur ».
AL24News




