Maroc : où va le pays ?

Au Maroc, le fossé criant entre le discours officiel du régime du Makhzen, qui fait la promotion de réalisations illusoires et du mensonge de « l’État social », et la réalité désastreuse vécue par le citoyen marocain se creuse de jour en jour.
Celui-ci se débat dans des crises complexes et sans fin, qui l’ont poussé à descendre dans la rue lors de marches de colère pour dénoncer la corruption et l’autoritarisme.
Alors que les familles sinistrées du séisme d’Al Haouz attendent toujours, trois ans après, le règlement de leur situation et leur relogement, le Makhzen poursuit sa trajectoire de « sionisation généralisée » du pays, en cédant des terres marocaines aux colons sionistes, notamment des biens immobiliers stratégiques situés dans les principales villes du Royaume, après avoir expulsé des citoyens de propriétés héritées de leurs ancêtres.
Le citoyen marocain fait également face à des charges croissantes en raison de la hausse continue des prix, du coût de la vie et du logement, ce qui accentue le sentiment d’un immense fossé entre les promesses officielles annoncées et la réalité quotidienne qui s’impose durement aux différentes catégories de la société.
Tout cela intervient dans un contexte de montée des protestations populaires, malgré la répression du Makhzen, notamment de la part des jeunes, qui réclament les conditions les plus élémentaires d’une vie digne, à même de préserver leur dignité, alors que la pauvreté s’étend, que la corruption se généralise et que le détournement des deniers publics prend de l’ampleur.
Quant aux élections législatives, elles ne constituent désormais plus une occasion de changement, mais plutôt un rendez-vous renouvelé permettant de remplacer les visages et d’offrir à de nouveaux «requins » du régime du Makhzen la possibilité de piller les deniers publics, sur fond de questions fondamentales qui restent sans réponse : où sont passés les budgets ? Qu’est-il réellement advenu des projets annoncés ? Et qui assume la responsabilité des échecs accumulés ?
Le comble, dans ces élections, réside dans l’encouragement des sionistes, sous l’appellation de « Juifs marocains », à participer à ces échéances, y compris ceux résidant à l’étranger par le biais de « la procuration », dans un nouvel épisode du processus de « sionisation » du pays.
La plus grande tache sur le front du Royaume demeure l’obstination du Makhzen à élargir ses relations avec l’entité sioniste, en pleine période de génocide dont est victime le peuple palestinien à Ghaza, et alors que le rejet populaire marocain de la normalisation avec l’entité criminelle ne cesse de s’amplifier.
Il s’agit d’une trajectoire dangereuse qui hypothèque l’avenir du Royaume et menace la sécurité et l’avenir de l’ensemble de la région.
Il est désormais certain que le véritable changement au Maroc est devenu une nécessité pour sauver le pays de la destruction.
Ce changement ne saurait se limiter au remplacement des personnes et des visages, mais exige une transformation profonde de la nature du système, l’ancrage des principes de transparence et de reddition des comptes, ainsi que la primauté des intérêts du citoyen sur les considérations politiques et les intérêts étrangers.
Ce qui est exigé aujourd’hui, ce n’est pas simplement de changer les visages, mais de changer la réalité; ce n’est pas de s’en remettre aux intérêts étrangers, mais de placer le citoyen marocain, ses droits, sa dignité et son avenir au premier rang des priorités.




