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Maroc : les appels à une enquête indépendante sur la mort en détention d’un jeune homme à Casablanca se multiplient

Les demandes d’enquête indépendante se multiplient après la mort d’Omar H., un jeune homme décédé en détention au siège de la Brigade de la police judiciaire de Casablanca.

L’affaire, qui a suscité une vive émotion au Maroc, attire désormais l’attention des organisations de défense des droits humains.

Selon le communiqué du procureur général près la Cour d’appel de Casablanca, repris par la presse marocaine, Omar aurait « sauté par la fenêtre du quatrième étage » lors d’un interrogatoire, ce qui expliquerait les multiples fractures constatées à l’autopsie. Mais la version officielle est contestée par la famille, qui rejette catégoriquement l’hypothèse du suicide. Sa mère a affirmé devant les médias : « Mon fils n’a pas pu se donner la mort. Il était équilibré, brillant dans ses études, et venait d’obtenir un master en droit avec mention. »

La section régionale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a dénoncé des « déclarations hâtives » du parquet, estimant qu’elles portent atteinte à la présomption d’innocence et semblent « anticiper les résultats de l’enquête ». L’organisation réclame l’application du Protocole du Minnesota (2016), qui fixe les standards internationaux pour les enquêtes sur les décès suspects ou illégaux.

Parmi les mesures exigées figurent un examen médico-légal indépendant et rigoureux, la collecte et la conservation de toutes les preuves disponibles, ainsi que la vérification des enregistrements des caméras de surveillance du commissariat. L’association s’inquiète notamment de l’annonce d’une « panne » des caméras le jour du drame, ce qui alimente les soupçons.

Cette affaire rappelle d’autres cas de décès en détention qui ont suscité des appels à des enquêtes indépendantes au Maroc. Pour l’AMDH, la mort d’Omar illustre les failles d’un système où la transparence et la reddition de comptes restent insuffisantes. L’association insiste sur la nécessité de « déterminer les responsabilités et de traduire en justice toute personne impliquée ».

(Al24News)

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