Maroc : le secteur de la santé éclaboussé par un nouveau scandale à Tétouan
Un syndicat de la santé accuse les autorités marocaines d’avoir inauguré un hôpital non prêt, menaçant la sécurité des patients.

Le Maroc est une nouvelle fois secoué par un scandale lié au secteur de santé.
Le nouvel hôpital régional de Tétouan, inauguré début juin 2026, suscite une vive controverse : le ministère de la Santé marocain le présente comme un projet majeur pour renforcer l’offre médicale dans la région, tandis que les syndicats dénoncent une ouverture jugée prématurée, marquée par des lacunes techniques, logistiques et humaines.
Selon eux, ces lacunes pourraient compromettre la sécurité des patients et limiter l’efficacité des services attendus.
Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, le Syndicat national de la santé publique à Tétouan a exprimé son opposition à « l’ouverture hâtive du nouvel hôpital régional, non encore prêt », imputant aux autorités locales la responsabilité des risques pouvant affecter la sécurité des patients, les droits des professionnels de santé ainsi que les attentes de la population locale.
Le syndicat a accusé par ailleurs les autorités marocaines de maintenir une situation marquée par le « flou, confusion et absence de vision claire », renforçant ainsi ses inquiétudes quant aux conditions de mise en service de l’établissement.
Les critiques portent sur plusieurs points : équipements incomplets, systèmes informatiques non finalisés, manque de fournitures médicales, flou administratif concernant l’affectation du personnel et insuffisance des espaces de travail pour les soignants.
Le syndicat avertit que tout transfert de patients vers le nouvel établissement, sans plan structuré, pourrait compromettre la continuité des traitements, notamment pour les urgences.
Au-delà des carences techniques, la centrale syndicale dénonce une « méthodologie improvisée » et l’exclusion des partenaires sociaux des discussions sur les conditions de mise en service.
Ce scandale illustre les difficultés chroniques du secteur de la santé marocain, régulièrement critiqué pour son manque de moyens et ses décisions jugées hâtives. Le syndicat appelle à un dialogue urgent pour définir une feuille de route claire et menace de recourir à des actions de protestation si les « dysfonctionnements » persistent.
La crise actuelle à Tétouan survient moins d’un an après un drame qui avait déjà choqué l’opinion publique. En septembre 2025, huit femmes enceintes admises pour des césariennes à l’hôpital public Hassan II d’Agadir sont décédées tragiquement, faute de soins médicaux suffisants. Cet événement a provoqué une onde de choc nationale et révélé la gravité des failles du système hospitalier.
Ce drame a agi comme un catalyseur, déclenchant une mobilisation massive de la GenZ et nourrissant une colère latente face à la dégradation des services publics. Des manifestations pacifiques ont éclaté dans plusieurs villes, exprimant un sentiment d’injustice et une exigence de réformes.
(Agences)




