Maroc : deux ministres refusent de se serrer la main… un remaniement du gouvernement sur fond de scandale

Le roi marocain Mohamed VI a limogé mercredi dernier le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation dans un contexte d’une vague de contestation croissante dans son secteur liée notamment à la fronde des étudiants en médecine qui se poursuit depuis plus de 10 mois, dans le cadre d’un remaniement partiel du gouvernement touchant de nombreux ministres.
Lors de la cérémonie de passation de consignes à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur, le nouveau ministre fraîchement désigné par le roi, Azzedine El Midaoui, a refusé de serrer la main de son prédécesseur Abdellatif MiraouI. La vidéo de la scène, largement partagée sur les réseaux sociaux, montre MiraouI essayant de serrer la main de Midaoui, qui le repousse, refusant clairement d’échanger des salutations avec lui.
Alors que Midaoui n’a donné aucune raison pour sa geste jugée par d’aucuns comme irrespectueuse et non protocolaire, certaines sources ont expliqué ce comportement par l’irritation du nouveau ministre de la décision du Miraoui, qui l’avait demis de ses fonctions de poste du recteur de l’Université Ibn Tofail de Kénitra pour des raisons personnelles. La vidéo de ces scènes embarrassantes, qui offre un regard remarquable dans les coulisses des membres du gouvernement qui n’éprouvent aucune honte à se donner à des querelles de revanche personnelle, a été largement critiquée sur les réseaux sociaux.
Scandalisés, certains internautes marocains sont allés jusqu’à exiger le licenciement du ministre auteur de cet acte, estimant que son comportement reflète beaucoup d’arrogance. D’autres y voient qu’il ne s’agit pas seulement d’un acte isolé d’une mauvaise conduite d’un ministre, mais un comportement qui suggère jusqu’à quand les membres du gouvernement marocain abusent de leurs pouvoirs pour cibler leurs rivaux politiques et régler leurs intérêts très étroits, et ce au détriment du service public.
La semaine dernière, les étudiants en médecine, qui boycottent les cours depuis plus de 10 ans, ont observé une grève générale les 15, 16 et 17 octobre. Les organisateurs ont dénoncé une « négligence systématique » de leurs revendications qui « témoigne d’un manque de sérieux de la part du ministère de l’Enseignement supérieur et des responsables de secteur », décriant une politique « de fuite en avant » du gouvernement dans le traitement de leur dossier.
Défiant les manifestations de masse des organisations syndicales qui refusent profondément les contours du nouveau projet de loi sur la grève présentée par le gouvernement marocain, ce dernier a accéléré son adoption en le transmettant au parlement pour examen, dernière étape avant sa mise en vigueur. Le texte a suscité de vives critiques des Marocains en raison de la non implication des syndicats dans son élaboration, qui promettent désormais de hausser le ton et les manifestations de colère pour réclamer son annulation.
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