L’ONU salue la prolongation de l’ouverture du poste-frontière d’Adré, alerte sur l’aggravation de la crise humanitaire au Soudan

Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a salué, mardi, la décision du gouvernement soudanais de prolonger jusqu’au 30 septembre l’ouverture du poste d’Adré, à la frontière avec le Tchad, estimant que cette mesure permettra de poursuivre l’acheminement de l’aide humanitaire vers les populations les plus vulnérables.
Dans le même temps, OCHA a averti que les civils restent confrontés à une dégradation continue de la situation sécuritaire, marquée par la multiplication des attaques, des déplacements forcés et la propagation du choléra dans plusieurs régions du pays.
Selon OCHA, une frappe de drone a touché le 23 juin un véhicule civil dans le village de Sari, au Darfour-Nord, faisant au moins 30 victimes civiles.
Le même jour, une autre attaque de drone aurait visé le marché d’Al Sayah, situé à environ 170 kilomètres au nord d’El Fasher, causant également des victimes.
L’agence onusienne a indiqué que les affrontements armés se poursuivent dans les localités d’Um Baru, Koroni et Al Tina, près de la frontière tchadienne, contraignant certains partenaires humanitaires à suspendre leurs opérations en raison de l’insécurité et des perturbations des communications.
S’appuyant sur les évaluations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), OCHA a également fait état du déplacement de plus de 1.400 personnes de cinq villages de la localité d’Um Baru le 23 juin. Les familles déplacées se sont réfugiées dans d’autres zones de la localité ou ont traversé la frontière vers le Tchad.
Au Kordofan-Nord, les attaques de drones contre la ville d’El Obeid se poursuivent pour la troisième semaine consécutive. Une frappe survenue le 27 juin près de l’école privée pour filles Al Jeel Al Raid a blessé au moins huit élèves, selon des sources locales citées par OCHA.
L’agence des Nations unies a, par ailleurs, signalé une aggravation de l’épidémie de choléra au Kordofan-Occidental, où près de 800 cas suspects et 71 décès ont été recensés. Malgré le renforcement des centres de traitement, du déploiement d’équipes d’intervention rapide, de la surveillance épidémiologique et des opérations de chloration de l’eau avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la réponse reste freinée par les difficultés d’accès, la présence humanitaire limitée et les graves pénuries d’eau.
Malgré ces contraintes, les partenaires humanitaires poursuivent leurs opérations. Dans l’ouest du Darfour, une assistance financière a été distribuée à 250 familles dans la localité de Kreinik, tandis que plus de 42.600 personnes ont bénéficié de distributions alimentaires dans la localité de Foro Baranga. Dans l’Etat du Nil Blanc, près de 150.000 enfants et environ 10.000 femmes enceintes ont reçu une assistance nutritionnelle dans le cadre d’une vaste campagne menée dans plusieurs localités, précise-t-on.
OCHA a renouvelé son appel à toutes les parties au conflit afin qu’elles assurent la protection des civils et des infrastructures civiles, et garantissent un accès humanitaire sûr et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin à travers le Soudan.
APS




