L’inflation au Maroc s’accélère fortement pour atteindre 2,6 % en février

Le taux de l’inflation au Maroc s’est fortement accéléré pour atteindre 2,6 % en février, marquant son rythme le plus élevé depuis treize mois.
Une poussée inflationniste au lourd impact sur les ménages, alors que des millions de Marocains peinent à faire face à la flambée des prix à la consommation, le coût des besoins essentiels ayant augmenté.
Selon les données publiées vendredi par le Haut-Commissariat au Plan, l’organisme marocain des statistiques, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 2,6 % sur une base annuelle, contre 2 % en janvier dernier. Cette augmentation est attribuée à une hausse des prix des denrées alimentaires de 4,6 % et à une augmentation des prix des produits non alimentaires de 1,2 %.
Cette hausse intervient peu après une décision surprise de la Banque centrale marocaine, qui a réduit son taux directeur à 2,25 % lors de sa réunion de mardi dernier. Un choix jugé inattendu par les analystes.
Pour les deux prochaines années, la Banque centrale anticipe une inflation autour de 2 %. Toutefois, elle met en garde contre les risques des pressions inflationnistes en raison des prix élevés de l’énergie et des denrées alimentaires, la faiblesse de la production agricole, exacerbée par des conditions de sécheresse, ainsi que des factures externes tels que les tensions liées aux guerres commerciales.
L’inflation a poussé les prix à de nouvelles hausses au cours de ce mois sacré du ramadan, où la consommation des ménages affiche des pics, mettant les Marocains sous pression, les commerçants profitant de l’occasion pour augmenter leur prix.
Avec le débit du mois du carême, les consommateurs marocains ont constaté des hausses pour les fruits et légumes, pour les autres produits alimentaires et aussi pour les prix de la bouteille de gaz butane, ce qui a fait grimper les prix des produits alimentaires à leur plus forte hausse mensuelle depuis plus d’une année.
Les familles marocaines peinent désormais à joindre les deux bouts à cause de l’inaction et de l’incompétence du gouvernement marocain face à la flambée des prix.
Au lieu d’annoncer des mesures pour réduire les coûts et l’inflation, le roi Mohammed VI a surpris les Marocains en les appelant à ne pas sacrifier le mouton de l’Aïd, une décision considérée comme « aberrante » par les Marocains.
Cela ne rend pas la situation plus facile à accepter pour les Marocains, épuisés par des années de hausse des prix bien plus rapide que d’habitude.
Et le mécontentement populaire s’aggrave face à cette misère sociale croissante.
Lundi 10 mars 2025, le marché hebdomadaire de Rabat El Kheir (Ahremoumo), situé dans la province de Sefrou, a été le théâtre de vives protestations contre la hausse des prix.
Les tensions avaient éclaté lorsque les habitants ont décidé de boycotter les commerçants présents au marché, interdisant la mise en vente de leurs produits. Ce mouvement a été déclenché par les hausses répétées des prix, jugées insoutenables par la population.
Dans un premier temps, le boycott s’est limité aux vendeurs de poissons et de viandes rouges, avant de s’étendre à l’ensemble des commerçants, dans une atmosphère tendue et marquée par une forte colère populaire.
Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux ont montré des scènes de protestation où des citoyens en colère endommagent les marchandises des commerçants, jetant des caisses de légumes à terre pour exprimer leur mécontentement face au coût élevé de la vie.
Des internautes sur les réseaux sociaux ont accusé le gouvernement de ne rien faire pour arrêter ou ralentir l’inflation. Cependant, des économistes affirment que le gouvernement marocain est limité dans ses interventions en raison de son fort endettement et ses politiques orientées vers l’abandon des subventions étatiques et prestations sociales.
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