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Les inondations meurtrières en Asie favorisées par le dérèglement climatique

Des mers plus chaudes et des pluies plus  abondantes liées au changement climatique et associées aux particularités  géographiques de l’Indonésie et du Sri Lanka ont contribué à engendrer les  récentes inondations, qui ont fait des centaines de morts dans les deux  pays, ont expliqué jeudi des scientifiques.

Deux tempêtes tropicales ont déversé d’énormes quantités de pluie sur ces  territoires le mois dernier, provoquant des glissements de terrain et des  inondations qui ont tué plus de 600 personnes au Sri Lanka et près de 1.000  en Indonésie. Plusieurs milliers de personnes ont été blessées et des  centaines sont toujours portées disparues.

Une analyse rapide des deux tempêtes réalisée par un groupe international  de scientifiques a détaillé les différents facteurs, qui, combinés, ont  provoqué la catastrophe.

Parmi eux, des précipitations plus abondantes et des mers plus chaudes  liées au changement climatique, ainsi que des phénomènes météorologiques  comme La Nia et le dipôle de l’océan Indien. « Le changement climatique est au moins l’un des facteurs participant à  l’augmentation des précipitations extrêmes que nous observons », a expliqué  Mariam Zachariah, l’une des auteurs de l’étude et chercheuse associée à  l’Imperial College de Londres.

Ces recherches n’ont pas pu quantifier précisément l’influence du  changement climatique, car les modèles ne reflètent pas entièrement  certains phénomènes météorologiques saisonniers et régionaux, ont précisé  les chercheurs.

Ils ont tout de même constaté que le dérèglement climatique avait  intensifié les épisodes de fortes pluies dans les deux pays au cours des  dernières décennies et contribué à la hausse des températures de surface de  la mer, qui peut renforcer les tempêtes.

Le nombre de précipitations extrêmes dans la région du détroit de Malacca,  entre la Malaisie et l’Indonésie, a ainsi « augmenté d’environ 9 à 50% en  raison de la hausse des températures mondiales », a indiqué Mme Zachariah.

« Au Sri Lanka, les tendances sont encore plus marquées, les fortes pluies  étant désormais de 28 à 160% plus intenses en raison du réchauffement que  nous avons déjà observé », a-t-elle déclaré aux journalistes. Même si les données « présentent une grande variabilité », a précisé la  chercheuse, « elles vont toutes dans le même sens, à savoir que les  précipitations extrêmes s’intensifient dans les deux régions étudiées ».

D’autres facteurs entrent également en  jeu, comme la déforestation et la  géographie du terrain qui canalise les fortes pluies vers les plaines  inondables densément peuplées, selon les chercheurs.       L’Indonésie figure parmi les pays qui enregistrent les plus fortes pertes  forestières annuelles. En 2024, plus de 240.000 hectares de forêt primaire  ont ainsi disparu.

Par ailleurs, les deux tempêtes tropicales ont coïncidé avec les  habituelles pluies de mousson, mais l’ampleur de la catastrophe est presque  sans précédent. « Les pluies de mousson sont naturelles dans cette partie du globe », a  réaffirmé Sarah Kew, autrice principale de l’étude et chercheuse en  climatologie à l’Institut royal météorologique des Pays-Bas. « Ce qui n’est pas normal, c’est l’intensité croissante de ces tempêtes,  leur impact sur des millions de personnes et les centaines de vies qu’elles  prennent », a-t-elle établi.

(APS)

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