
La chercheuse algérienne Yasmine Belkaid, directrice de l’Institut Pasteur à Paris, a été distinguée la semaine dernière à Genève, en Suisse, en recevant le prix Collen-Jeantet de médecine translationnelle, l’une des distinctions décernées par la Fondation Louis-Jeantet.
Cette récompense salue ses travaux portant sur les interactions entre le microbiote, l’alimentation et le système immunitaire.
Après avoir reçu cette distinction, elle a déclaré : « Au-delà de la reconnaissance individuelle, ce prix reflète une ambition collective : celle d’une équipe scientifique solide, soutenue par des écosystèmes philanthropiques robustes afin de rester innovante et indépendante… »
De son côté, le Conseil de la Fondation Pasteur Suisse a salué son travail en lui adressant ses « plus sincères félicitations à la Pr Yasmine Belkaid pour l’obtention de l’un des deux Prix 2026 de la Fondation Louis-Jeantet ». Il a précisé qu’elle s’est vu décerner le prix Collen-Jeantet de médecine translationnelle 2026 pour avoir mis en lumière les interactions complexes entre le microbiote, la nutrition, les infections et le système immunitaire, contribuant ainsi à transformer notre compréhension des mécanismes de défense de l’organisme et de l’homéostasie des tissus.
Les recherches de Yasmine Belkaid portent sur les mécanismes qui régulent l’intégrité des tissus et les réponses immunitaires. Elle a notamment démontré le rôle essentiel du microbiote et de l’alimentation dans la modulation de l’immunité et la protection contre les agents pathogènes.
Créé en 1986, le Prix Louis-Jeantet distingue des travaux majeurs ayant contribué aux progrès de la médecine et de la recherche biomédicale en Europe. Il est doté de 500 000 francs suisses par lauréat, dont 450 000 sont consacrés au soutien de la recherche.
Originaire d’Algérie, Yasmine Belkaid est née en 1968 à Alger. Immunologiste reconnue, elle s’est spécialisée dans l’étude des interactions entre les micro-organismes et le système immunitaire. Elle a effectué l’essentiel de sa carrière aux États-Unis, où elle a exercé pendant près de vingt ans au sein des National Institutes of Health (NIH), entre 1996 et 2023, avant de prendre la direction de l’Institut Pasteur le 2 janvier 2024 pour un mandat de six ans.
Son parcours académique débute à l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumédiène (USTHB) à Alger. Elle poursuit ensuite un doctorat en immunologie à l’Université Paris-Sud et à l’Institut Pasteur, obtenu en 1996. Elle effectue par la suite un stage postdoctoral au National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), avant de devenir responsable de laboratoire, puis directrice du programme « Microbiome » aux NIH.




