
Lors des délibérations du Groupe arabe des Représentants Permanents auprès de l’ONU à New York, en avril 2022, l’Ambassadeur d’Algérie, Nadir Larbaoui, avait confirmé, que la situation dramatique en Palestine, notamment à Al-Qods Al-Sharif, n’est plus compatible avec l’expression de formules de courtoisie à l’adresse du Comité Al-Qods présidé par le roi du Maroc.
Il a rappelé que le Comité Al-Qods, créé sous l’égide de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ne s’est réuni qu’à deux reprises seulement au cours des vingt dernières années, dont la dernière remonte à 2014, soulignant qu’il était plus approprié d’inviter ce Comité à se réunir, sans délais, et assumer pleinement la responsabilité qui lui a été confiée, à savoir la défense des lieux saints à Al-Qods Al-Sharif.
Au cours de ces délibérations, et après avoir consulté la délégation omanaise, l’actuelle présidente du Groupe arabe, et le représentant de la Palestine, et conformément au souhait du Groupe, et après avoir accepté d’ajouter un paragraphe de la délégation égyptienne, une version amendée du projet a été approuvée et présentée sous sa forme finale.
Cependant, la délégation marocaine, sans surprise et fidèle à son modus operandi et ses tentatives théâtrales visant à fuir ses responsabilités réelles vis-à-vis des lieux saints à Al-Qods Al-Sharif, s’est opposée au texte de compromis et a critiqué la proposition de la délégation algérienne, en privant ainsi le Groupe arabe de s’exprimer d’une seule voix sur les derniers développements et de condamner la violence des forces d’occupation israélienne à l’égard des fidèles innocents à Al-Aqsa Al Mubarek, note l’APS.
Cette manœuvre marocaine a soulevé une question sur l’intention malveillante de ce pays, et sur cette attitude surprenante d’un pays qui préside le Comité Al-Qods, censé défendre la juste cause palestinienne et Al-Qods Al-Sharif, et pas l’inverse, et il est tout à fait légitime de s’interroger sur les réelles motivations du Maroc.
Le Maroc qui normalise les relations diplomatiques avec l’entité sioniste, reçoit le chef d’Etat major de l’entité sioniste qui a tué de nombreux palestiniens, et le ministre sioniste de la Justice qui emprisonne près de 10 000 palestiniens, a-t-il le droit de présider encore le Comité Al Qods, et être complice du colonisateur de la Palestine ?
En 2021, et tandis que l’entité sioniste attaquait Al Qods, des rassemblements de soutien au peuple palestinien ont été interdits et violemment réprimés à Rabat et à Casablanca.
Face à la gravité de la situation à , un communiqué du ministère des affaires étrangères du Maroc aussi laconique que bref (trois petits paragraphes) et datant du 9 mai annonça tout de même que « le Maroc, dont le souverain Sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu L’assiste, préside le comité Al-Qods, considère ces violations comme un acte inadmissible et susceptible d’attiser les tensions. » De quelles violences s’agit-il ? Aucune allusion, dans le communiqué, à l’État d’Israël comme auteur et responsable direct desdites « violences ».
« Le Royaume, poursuit le communiqué, considère que les mesures unilatérales ne sont guère la solution, de même qu’il appelle à favoriser le dialogue et le respect des droits. » Là aussi, même interrogation : de quelles « mesures unilatérales » s’agit-il ? Aucune allusion à Israël, pourtant décrit quelques jours auparavant par l’ONG Human Rights Watch comme un État commettant des crimes contre les Palestiniens : « Les autorités israéliennes commettent les crimes contre l’humanité d’apartheid et de persécution. Cette conclusion se fonde sur une politique globale du gouvernement israélien qui vise à maintenir la domination des Israéliens juifs sur les Palestiniens, et sur de graves abus commis contre les Palestiniens vivant dans le territoire occupé, y compris Jérusalem-Est. », note L’Orient.
M.A.




