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Ghaza : MSF alerte sur des niveaux record de malnutrition aiguë ces dernières semaines

L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a tiré la sonnette d’alarme vendredi, dénonçant des niveaux de malnutrition aiguë sans précédent observés ces dernières semaines dans ses centres à Ghaza.

Plus de 700 femmes enceintes ou allaitantes ainsi que près de 500 enfants souffrant de malnutrition sévère ou modérée sont actuellement pris en charge dans les cliniques ambulatoires de MSF situées à Al-Mawasi, dans le sud de la bande de Ghaza, et à Ghaza City, au nord, selon les chiffres communiqués par l’organisation.

À Ghaza City, la situation est particulièrement préoccupante : le nombre de cas recensés a presque quadruplé en moins de deux mois, passant de 293 en mai à 983 au début juillet. Parmi eux, 326 sont des enfants de moins de deux ans. Il s’agit, selon MSF, du plus grand nombre de cas de malnutrition jamais enregistré par ses équipes dans la région.

L’organisation attribue ces chiffres alarmants à une stratégie volontaire des autorités de l’occupation sioniste. MSF dénonce des politiques délibérées visant à restreindre l’entrée de nourriture à un strict minimum vital, à militariser les circuits de distribution, et à détruire la majorité des infrastructures locales de production alimentaire.

« La malnutrition généralisée chez les femmes enceintes, combinée à un manque cruel d’eau potable et d’assainissement, entraîne une hausse dramatique des accouchements prématurés », explique la docteure Joanne Perry, membre de MSF sur le terrain. Elle souligne que l’unité de soins intensifs néonatals est aujourd’hui submergée : « On compte parfois quatre à cinq nouveau-nés par couveuse. C’est ma troisième mission à Ghaza, et je n’ai jamais été confrontée à une situation aussi grave. Les mères me supplient de leur donner à manger pour leurs enfants. Des femmes enceintes de six mois ne pèsent parfois pas plus de 40 kilos. »

Dans les cliniques MSF, le constat est accablant : les blessés ne réclament plus de soins pour leurs plaies, mais de la nourriture. Faute de protéines, leurs blessures ne guérissent pas. L’organisation rapporte une perte de poids rapide chez les patients en convalescence, des infections prolongées et une fatigue physique marquée.

Face à cette catastrophe humanitaire, MSF lance un appel urgent : l’ouverture immédiate et sans restriction d’un accès humanitaire à Ghaza, l’acheminement constant de nourriture et d’aide médicale, et la protection des civils doivent devenir une priorité absolue.

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