Ghaza: l’OCHA alerte sur la détérioration des conditions de vie alors que l’accès humanitaire se resserre

Des centaines de milliers de Ghazaouis vivent encore dans des tentes endommagées par la pluie, le vent ou les vagues, ou dans des bâtiments gravement fragilisés, alerte jeudi le bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).
« Depuis début décembre, 18 bâtiments résidentiels se sont complètement effondrés, entraînant des pertes humaines et matérielles importantes, tandis que plus de 110 autres bâtiments ont subi des dommages partiels dangereux », précise l’OCHA.
En décembre, les partenaires humanitaires ont fourni une aide d’urgence en matière de logement à plus de 80 000 ménages, environ 448 000 personnes notamment à travers la distribution de tentes, de bâches et d’articles de literie. Mais les tempêtes récentes ont touché 65 000 ménages supplémentaires, faisant repartir les besoins à la hausse.
Selon le groupe sectoriel de l’ONU chargé des abris, plus d’un million de personnes nécessitent encore une assistance d’urgence. En outre, six enfants sont morts ce mois-ci « après avoir été exposés à des conditions extrêmement difficiles », selon Edouard Beigbeder, directeur régional de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Les familles déplacées vivant sous des tentes usées ou dans des abris de fortune ont dû affronter des pluies prolongées, des vents violents et des températures glaciales. Les équipes humanitaires alertent depuis des semaines sur les risques encourus par les jeunes enfants, en particulier ceux souffrant de malnutrition, dans des abris régulièrement inondés.
C’est dans ce contexte que les autorités d’occupation ont annoncé, selon la presse, la suspension des activités de 37 organisations humanitaires internationales à Ghaza, parmi lesquelles MSF, Handicap International, Oxfam et Médecins du Monde, pour non-respect de nouvelles règles d’enregistrement. A terme, ces organisations pourraient se voir interdire la présence de personnel international et l’acheminement de l’aide.
L’équipe humanitaire de l’ONU dans le territoire palestinien occupé a appelé l’entité sioniste à revenir sur cette décision, rappelant que ces ONG jouent « un rôle essentiel dans les opérations humanitaires vitales ». Une restriction supplémentaire de leur accès, préviennent les agences, risquerait d’aggraver encore une crise humanitaire déjà hors de contrôle.
(APS)




