France : le gouvernement Barnier renversé par une motion de censure, aggravant la crise politique dans le pays

Les députés de l’opposition de gauche et du Rassemblement national ont renversé mercredi 4 décembre le gouvernement français, plongeant le pays dans une crise politique qui menace sa capacité à légiférer et à maîtriser un déficit budgétaire massif.
La motion de censure a été adoptée par 331 élus, soit 43 de plus que le seuil requis de 288 voix. C’est la deuxième fois seulement que le pouvoir exécutif est ainsi censuré par le Parlement depuis le début de la Ve République, soixante-deux ans après le premier gouvernement de Georges Pompidou.
Barnier devrait prochainement présenter sa démission et celle de son gouvernement au président Emmanuel Macron.
Macron avait déclenché la crise en convoquant des élections anticipées en juin, qui ont donné lieu à un Parlement polarisé. Avec son président diminué, la France risque désormais de terminer l’année sans gouvernement stable ni budget 2025.
La gauche et l’extrême droite ont puni Barnier pour avoir choisi d’utiliser des pouvoirs constitutionnels spéciaux pour faire passer au Parlement, sans vote final, une partie d’un budget impopulaire, qui prévoyait 60 milliards d’euros d’économies pour tenter de réduire le déficit.
La cheffe de file de l’extrême droite, Marine Le Pen, avait déclaré que la chute du gouvernement était « le seul moyen que nous offre la Constitution pour protéger les Français d’un budget dangereux, injuste et punitif ».
Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, a annoncé immédiatement après le vote de censure sur X : « Le gouvernement Barnier est renversé grâce la motion de censure LFI-NFP ».
Elle a adressé un message à Macron : « Maintenant Macron doit s’en aller. #MacronDemission ».
La France traverse actuellement une période de profonde incertitude politique qui inquiète déjà les investisseurs en obligations et actions souveraines françaises. En début de semaine, les coûts d’emprunt de la France ont brièvement dépassé ceux de la Grèce, généralement considérée comme beaucoup plus risquée.
Macron doit désormais faire un choix. Trois sources ont déclaré à Reuters que Macron souhaitait nommer rapidement un nouveau Premier ministre.
Tout nouveau Premier ministre devra faire face aux mêmes difficultés que Barnier pour faire adopter des projets de loi, notamment le budget 2025, par un Parlement divisé.
Il ne peut y avoir de nouvelles élections parlementaires avant juillet. Macron pourrait également demander à Barnier et à ses ministres de rester en poste à titre intérimaire pendant qu’il prend le temps de choisir un Premier ministre capable d’attirer suffisamment de soutien politique pour faire passer des lois.
(AL24News + Reuters)



