France/ Hausse des prix de l’énergie : des municipalités craignent l’asphyxie financière

On le sait, depuis le début de la guerre en Ukraine et en lien direct avec les sanctions imposées au niveau européen à la Russie, les prix de l’énergie enregistrent une hausse aussi vertigineuse qu’inquiétante.
Et la France n’échappe pas à cette inflation record, malgré le bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement pour soulager les ménages.
Si la hausse des prix du gaz comme de l’électricité restera plafonnée début 2023 à 15% d’augmentation, c’est loin d’être le cas des collectivités et des mairies, dont certaines lancent l’alerte.
Dans une pétition, signée par plus de 16 000 personnes, Zartoshte Bakhtiari, maire de Neuilly-sur-Marne, dénonce une « situation catastrophique » qui va « infliger des souffrances à de nombreux Français ».
« Il sera encore plus dur de boucler les fins de mois, pour certains il ne s’agira plus de vivre mais de survivre » écrit l’élu qui assure que « des entreprises menacent également de ne plus pouvoir faire face, pouvant emporter avec elles des milliers d’emplois ».
Il explique qu’entre « janvier et décembre 2020 le prix du Mégawattheure (MW/h) d’électricité n’a jamais dépassé les 80 euros » et qu’aujourd’hui « il explose à plus de 2000 euros » tandis que « le prix de l’électricité est hors de contrôle ».
Dans sa ville de Neuilly-sur-Marne, l’édile explique que « la facture devrait passer de 2 millions à 10, 12 voire 15 millions d’euros ».
Pour cette raison, il appelle à une mobilisation globale des français pour réclamer la mise en place d’une taxation exceptionnelle des grandes entreprises visant à financer ces hausses difficilement supportables pour les collectivités.
« Les grandes entreprises de l’énergie ont engrangé des millions d’euros de bénéfice grâce à la crise de l’énergie. Il est temps qu’elles contribuent à l’effort national, taxons leurs superprofits pour redonner aux Français et aux communes des moyens de résister à l’augmentation des prix. Ecoles, gymnase, piscine, associations, police municipale, si les communes sont en danger, votre vie quotidienne est menacée » écrit Zartoshte Bakhtiari dans sa pétition.
Et la dénonciation est appuyée par le sénateur de Seine-Saint-Denis, Thierry Meignen, qui pointe, via ses réseaux sociaux, « un racket organisé », estimant que c’est à Emmanuel Macron et Elisabeth Borne « d’assumer la désastreuse politique énergétique, pas aux communes ».
Bertrand Ringot, maire de Graveline, dans le Nord, appuie lui aussi la pétition de son collègue, en indiquant que le nouveau contrat d’énergie conclut entre sa ville et Enedis, connaît « une hausse vertigineuse avec un supplément de 2,6 millions d’euros de dépenses nettes ».
Pour sensibiliser à cette cause, le maire de Neuilly-sur-Marne a fondé un collectif auquel peuvent adhérer les citoyens et élus, et intitulé « stop racket énergie ».
Mais dans les faits, les municipalités ne sont pas les seules victimes de cette crise de l’énergie. Les copropriétés et bailleurs sociaux, connaissent aujourd’hui de vives inquiétudes liées notamment à l’augmentation du montant des charges à répercuter sur les locataires.
Dès fin août, la presse nationale s’est fait l’échos de nombreux ménages en difficulté après l’annonce, par certains offices d’HLM, d’une forte hausse des charges.
Haut-de-Seine Habitat, principal bailleur social du département du même nom, a fait savoir à 24 000 de ses locataires, qu’on montant approximatif de 100 euros par mois supplémentaires, serait à leur charge pour assumer la hausse des prix de l’énergie.
Selon le journal Le Parisien, c’est ainsi que la facture d’une habitante de 61 ans, est passée de 64 euros mensuels à plus de 153 euros.
« Aujourd’hui, nos dépenses annuelles s’élèvent à 4,5 millions d’euros et, selon une estimation réalisée au 31 août, elles atteindraient 27 millions d’euros en 2023, en raison de la flambée des prix des énergies » explique Bertrand Prade, le directeur général de Seine-Saint-Denis Habitat, dans les colonnes du journal Le Monde.
À ce stade, et malgré les appels à l’aide de nombreux élus, l’Etat n’a pas annoncé de plan de financement en direction des collectivités.
Jeudi néanmoins, une campagne de sensibilisation à l’économie d’énergie a été dévoilée par l’Exécutif qui préconise d’adapter leur quotidien.
À travers un spot publicitaire, cinq mesures sont mises en avant: le chauffage à 19 degrés, le ballon d’eau chaude à 55 degrés, l’installation d’un thermostat, le lavage du linge en heures creuses et l’extinction de tous les appareils en veille.
L’Etat recommande également le covoiturage, la suppression de l’eau chaude dans les administrations, ou encore le télétravail pour éviter le gaspillage énergétique.
Selon Elisabeth Borne, ces gestes devraient permettre de passer l’hiver sans avoir à subir de coupures ou de rationnements.
Reste désormais à savoir comment les usagers et les collectivités vont pouvoir assumer des factures énergétiques dont les montants vont être multipliés par 10, 20 ou 30.
Agence Anadolu




