EuropeInternationalUncategorized

France : Bayrou peine à former un gouvernement, alors que la fragmentation politique est partie pour durer

Le nouveau premier ministre français François Bayrou, qui a hérité d’une mission difficile de son prédécesseur et doit d’une manière ou d’une autre rassembler des soutiens au budget de la France pour l’année prochaine, a proposé jeudi 19 décembre aux partis « de gouvernement », allant des Républicains aux communistes, d’intégrer sa future équipe.

Mais, l’instabilité et la fragmentation des forces politiques dans le pays entravent ses efforts pour résoudre la crise politique, qui de plus est aggravée par une dette excessive qui nuit sévèrement à l’économie.

Nommé récemment par Emmanuel Macron à la tête de l’exécutif, Bayrou est déjà sous le feu des critiques.

Le Parti socialiste (PS) et les Écologistes ont aussitôt déclinée l’invitation de nouveau locataire de Matignon, déplorant une absence de cap et le flou des propos du Bayrou.

Cependant, si beaucoup d’observateurs n’écartent pas l’option de voir le nouveau gouvernement évincé, d’autres s’attendent désormais au pire : le président Macron pourrait-il survivre face à la contestation et la méfiance de la classe politique, alors que la gauche radicale et l’extrême droite augmentent la pression ?

L’adoption du budget pour 2025 est le dossier le plus urgent sur le bureau de Bayrou.

La France a déjà raté l’échéance de fin d’année pour faire adopter le texte et risque de ne pas tenir sa promesse de commencer à réduire son déficit massif dès l’année prochaine. Le déficit est plus de deux fois supérieur au niveau autorisé par les règles de l’UE.

La France est confrontée à une « procédure de déficit public excessif » à Bruxelles pour avoir dépassé les prévisions budgétaires l’an dernier et la Commission européenne pourrait même lui imposer des amendes si Paris ne parvient pas à réduire son déficit, qui a atteint cette année 6,2% du produit intérieur brut du pays.

François Bayrou, qui a mené des consultations politiques de lundi à mercredi, a reçu jeudi après-midi, pendant environ trois heures, une trentaine d’interlocuteurs en format élargi pour une table ronde censée les « éclairer » et destinée à les « entendre sur les orientations » à venir.

Seuls les partis « de gouvernement » avaient été conviés, ce qui exclut La France insoumise (LFI), le Rassemblement national (RN) et l’UDR d’Eric Ciotti.

Au sortir des discussions, la circonspection, voire le désarroi, dominait chez les participants.  Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a annoncé dès sa sortie que sa formation ne participerait pas au gouvernement, jugeant « très très insuffisant » le bilan de la réunion.

Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes, a été sans détour : « Nous sommes consternés par la pauvreté de ce qui nous est proposé ». François Bayrou, a-t-elle réitéré, «ne pave pas après pas le chemin de sa propre censure ».

A Matignon, on a précisé que le Premier ministre « a fait une offre publique de participation aux partis politiques ».

Plusieurs participants ont déclaré que le Premier ministre a évoqué la possibilité d’un gouvernement d’ici la fin de l’année.  La présidente du groupe écologiste et social à l’Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, a souligné au sortir des discussions que la censure était « toujours clairement sur la table ».

« Nous n’avons eu devant nous qu’une pâle imitation de Michel Barnier », a-t-elle déploré.  Aujourd’hui, a-t-elle poursuivi, « nous sommes très loin d’avoir un Premier ministre qui a conscience de l’envie de changement. »

Les électeurs de gauche « ne veulent pas des miettes, ils ne veulent pas des petites avancées », a-t-elle martelé.  Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, s’est gaussé des propositions de François Bayrou. « Normalement, les adultes ne croient plus au Père Noël », a-t-il écrit sur le réseau social X.

La Droite républicaine, représentée notamment à la réunion par Laurent Wauquiez, a de nouveau posé des conditions à une participation au futur gouvernement.

Elle « suppose une feuille de route claire et partagée. Nous avons donc demandé au Premier ministre de nous faire part de la politique qu’il comptait engager dans les semaines et mois qui viennent », peut-on lire dans un communiqué, qui souligne particulièrement la nécessité d’agir contre « le laxisme et l’immigration incontrôlée ».

Signe d’une impasse insoutenable, à la gauche radicale comme à l’extrême droite, on prédit déjà que l’ère d’Emmanuel Macron à la présidence de la France serait terminée plus tôt que prévu.

Le parti de Marine Le Pen s’est allié au Nouveau Front populaire (NFP) pour renverser le gouvernement sortant dirigé par Michel Barnier.

Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI (La France insoumise), le parti le plus important de l’alliance, NFP majoritaire à l’Assemblée nationale, a donné un avant-goût des défis qui attendent Bayrou : « Heureux d’avoir refusé d’entrer dans le jeu des palabres avec la macronie en déroute. Fin de l’école buissonnière pour nos partenaires. Il serait sage de revenir à la maison : opposition sans concession et censure pour ne pas perdre notre temps à des débats sans issue », a-t-il écrit sur X.

La figure d’extrême droite française Marine Le Pen a déclaré mercredi qu’elle se préparait à se présenter à une élection présidentielle anticipée : « Je me prépare à une élection présidentielle anticipée, par précaution », a-t-elle déclaré dans un entretien au journal Le Parisien.

« Macron, c’est fini, ou presque. Je ne veux pas être cruelle, c’est une réalité institutionnelle », a déclaré Le Pen.

Macron, qui devrait rester au pouvoir jusqu’en 2027, a perdu le contrôle de la scène internationale, a fustigé Le Pen.

« Il n’a plus aucune influence au sein de l’Union européenne et a été humilié de la pire des manières par [la présidente de la Commission européenne, Ursula] von der Leyen », a-t-elle affirmé.

« Sa situation est très fragile », a déclaré Marine Le Pen, évoquant les tensions avec le nouveau Premier ministre et les problèmes budgétaires de la France, ajoutant qu’il y a « de nombreuses raisons » pour lesquelles il pourrait être contraint de mettre un terme à son mandat.

Le Pen a déclaré que Macron était responsable de la crise politique actuelle et a déclaré qu’il pourrait être contraint de démissionner de son poste de président français.

AL24News

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page