Ethiopie: les rebelles du TPLF disent avoir pris Dessie, ville-clé au sud du Tigré

Les rebelles du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), qui affrontent depuis un an l’armée fédérale éthiopienne, ont affirmé samedi avoir pris la localité stratégique de Dessie, en région Amhara, voisine du Tigré, ce qu’a démenti le gouvernement éthiopien.
Mais des habitants ont indiqué à l’AFP voir des combattants du TPLF en ville, dont les troupes éthiopiennes se sont, selon eux, retirées après des combats.
Parallèlement, le département d’Etat américain a appelé le TPLF « à se retirer des régions de l’Amhara et de l’Afar, et à stopper ses avancées autour des villes de Dessie et de Kombolcha », à une dizaine de km au sud-est de la première.
Si elle était confirmée, la chute de Dessie, où avaient convergé depuis des mois des milliers de personnes déplacées par les combats au Tigré, constituerait un revers de taille pour les autorités éthiopiennes, engluées depuis un an dans un conflit armé avec le TPLF.
« La ville de Dessie est sous le contrôle total de nos forces », a affirmé Kindeya Gebrehiwot, un porte-parole du TPLF.
« Dessie et ses environs sont toujours aux mains de nos forces de sécurité », a répondu le service de communication du gouvernement éthiopien.
Selon un commerçant de Dessie, joint par l’AFP, des combattants du TPLF en arpentaient les rues samedi après-midi, pendant que des habitants s’entassaient dans des bus pour fuir vers le sud.
– « Partis ou capturés » ? –
« La ville est désormais calme, les gens sont soit chez eux (…), soit en train de fuir vers Kombolcha », a déclaré ce commerçant se présentant sous le seul prénom de Fantahun.
Plus tôt, d’autres habitants de Dessie, à environ 400 km au nord d’Addis Abeba, avaient état du départ des forces éthiopiennes et de l’entrée de premiers éléments du TPLF.
« Vers 02H00 du matin, les soldats éthiopiens ont commencé à quitter leurs positions dans la zone », a affirmé à l’AFP Amir qui a préféré ne pas donner son nom de famille.
Selon Mohammed, autre habitant, des rebelles tigréens du TPLF « sont entrés alors qu’il ne restait aucun soldat éthiopien ».
« Je ne sais pas si les soldats sont partis ou s’ils ont été capturés », a-t-il ajouté.
La plus grande partie du nord de l’Ethiopie est inaccessible pour les journalistes et les informations qui en proviennent sont très difficiles à confirmer de manière indépendante.
Les habitants de Dessie avaient depuis plusieurs jours fait état de concentrations de troupes dans la région, à mesure qu’affluaient des milliers de personnes fuyant les combats en cours dans les localités plus au nord.
– « A portée d’artillerie » –
Le 20 octobre, les rebelles du TPLF avaient affirmé être « à portée d’artillerie » de Dessie et le président de la région de l’Amhara, Yilkal Kefale, avait appelé le lendemain les miliciens amhara à converger vers la ville pour la défendre.




