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Des ONG marocaines alertent sur des niveaux dangereux de la répression et de la normalisation du Makhzen

Deux organisations marocaines de défense des droits humains ont averti que la situation sociale et politique au Maroc a atteint des « niveaux dangereux », marquée par une répression accrue, une montée des inégalités et une politique de normalisation largement contestée et rejetée par le peuple.

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a dénoncé une intensification des arrestations arbitraires, des procès politiques et des atteintes aux libertés publiques.

Elle a exprimé sa solidarité avec les prisonniers d’opinion, en particulier la militante Saïda El-Alami, actuellement en grève de la faim, et a demandé leur libération immédiate. Née en 1974, Saïda El-Alami est une défenseure des droits humains et blogueuse marocaine, membre active de l’organisation Les femmes marocaines contre la détention politique.

Très engagée sur les réseaux sociaux, elle dénonce depuis des années la corruption du régime du Makhzen, les abus de pouvoir et les atteintes aux libertés d’opinion et d’expression. Arrêtée en 2022 pour avoir critiqué les services de sécurité et de justice, elle a été condamnée à trois ans de prison ferme.

L’AMDH a dénoncé « le caractère croissant de la répression politique », marqué par la poursuite des arrestations pour délit d’opinion et des procès à caractère politique. L’association souligne en particulier les condamnations prononcées contre des centaines de jeunes et de mineurs du mouvement dit GenZ 212, qualifiées de « massacre judiciaire », entachées de multiples irrégularités depuis l’arrestation jusqu’au prononcé des jugements.

Le communiqué insiste également sur la nécessité de faire toute la lumière sur l’usage de balles réelles à Leqliaa, au sud du Maroc, le 1ᵉʳ octobre 2025, qui a causé la mort de trois jeunes du mouvement GenZ et blessé douze autres.

L’AMDH affirme son attachement à « la révélation complète de la vérité et à l’établissement des responsabilités juridiques », tout en s’étonnant de l’absence de résultats, même partiels, de l’enquête en cours.

Par ailleurs, l’ONG a condamné les démolitions de logements et les expulsions forcées de familles dans plusieurs régions du Maroc. Elle dénonce des décisions prises « sans concertation, sans alternatives acceptables et avec des compensations dérisoires », en contradiction avec les engagements internationaux du Maroc.

Escalade de la répression et des violations des droits humains

Dans le même temps, l’Association des diplômés chômeurs du Maroc a dénoncé dans un communiqué une crise sociale profonde. Les militants ont pointé la flambée des prix, la privatisation de l’éducation et de la santé, ainsi qu’un chômage massif.

L’organisation a dénoncé « l’offensive du régime marocain contre le quotidien des masses opprimées », accusant les autorités de « miner le pouvoir d’achat des citoyens par des hausses vertigineuses des prix des produits de base, dont une partie est exportée à l’étranger ».

Elle a ajouté que le gouvernement s’attaque également aux secteurs sociaux en adoptant des politiques qui « enrichissent les riches et appauvrissent davantage les pauvres ».  Dans le domaine de l’éducation, l’association souligne que le régime poursuit son offensive contre l’école et l’université publiques en promulguant une série de lois et de plans visant à privatiser ce secteur.

Les deux organisations alertent également sur la répression des mouvements sociaux et étudiants, citant des expulsions à l’Université Ibn Tofail et des procès contre des travailleurs.

(Al24News)

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