Des milliers de personnes fuient les feux de forêt dans le Nord canadien

Des milliers de personnes se sont ruées vers le petit aéroport de Yellowknife jeudi tandis qu’une longue file de voitures empruntait la seule autoroute, fuyant les feux de forêts qui menacent l’une des plus grandes villes du Grand Nord canadien.
Plus de 20.000 personnes ont reçu dans la soirée de mercredi l’ordre d’évacuer la capitale des Territoires du Nord-Ouest du Canada, menacée par un important brasier à une quinzaine de kilomètres de ses murs.
Le Canada connaît depuis le printemps une saison des feux qui bat tous les records.
Le pays est confronté ces dernières années à des événements météorologiques extrêmes dont l’intensité et la fréquence sont accrues par le réchauffement climatique.
En tout, plus de la moitié de la population du territoire est sous ordre d’évacuation.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos montrent des véhicules roulant de nuit à travers l’épaisse fumée des feux, guidés par des véhicules de patrouille en direction de la province voisine de l’Alberta, où plusieurs centres d’accueil ont été mis en place, mais dont le plus proche se trouve à 1.150 kilomètres de Yellowknife.
Plusieurs vols commerciaux et militaires vers le sud étaient aussi prévus au départ de Yellowknife jeudi.
Dans la ville, les véhicules s’entassaient dans les stations-services, laissant des quartiers presque déserts alors que dans les airs, les Canadairs volaient au ras des maisons.
La ville est menacée par « un brasier à l’ouest » et « sans pluie, il se peut que le feu gagne les environs de la ville ce week-end », a déclaré mercredi soir Shane Thompson, ministre de l’Environnement des Territoires du Nord-Ouest, en ordonnant l’évacuation des résidents.
Des précipitations sont attendues dans les jours à venir, les premières ce mois-ci. Mais elles devraient arriver avec des orages et éclairs, menaçant de déclencher de nouveaux incendies.
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau doit réunir un groupe d’intervention dans la journée de jeudi.
La veille, il a indiqué que les forces armées étaient toujours déployées pour porter assistance à la population de la région.
Plusieurs avions et hélicoptères ainsi qu’une centaine de militaires ont ainsi été mobilisés pour aider aux évacuations.
Séparés de plusieurs centaines de kilomètres les uns des autres, les villages de la région sont « particulièrement difficiles » à évacuer par voie terrestre, expliquait plus tôt cette semaine Mike Westwick, du service desfeux territorial.
Avec Yellowknife, il s’agit de la deuxième fois qu’une grande ville canadienne est évacuée en raison de feux de forêt. En 2016, 100.000 personnes avaient dû fuir Fort McMurray, en Alberta.
Plus tôt dans l’année, des banlieues d’Halifax, sur la côte atlantique, ont également été évacuées.
Plus de 1.050 feux ravagent actuellement le Canada d’est en ouest, dont 236 dans les Territoires du Nord-Ouest. Près de 14 millions d’hectares – environ la superficie de la Grèce – ont brûlé dans le pays depuis le début de la saison, soit près du double du dernier record datant de 1989.
Et la saison risque encore de durer deux mois, prévenaient les autorités la semaine dernière.
APS




