Colombie : le parlement adopte la feuille de route du gouvernement Petro

Le parlement colombien a approuvé vendredi la feuille de route du président de gauche Gustavo Petro pour gouverner la Colombie jusqu’en 2026.
Au terme d’intenses débats ces derniers jours, le Sénat (66 voix pour et 21 contre) et la Chambre des députés (129 voix pour et 24 contre) ont ratifié le « Plan national de développement » (PND) qui définit les objectifs sociaux, économiques, sanitaires et environnementaux, ainsi que le budget (quelque 248 milliards de dollars) de ces réformes promises par le premier gouvernement de gauche de l’histoire de ce pays.
L’approbation du PND, baptisé « Colombie pouvoir de la vie », est un petit succès pour le président Petro qui sort de semaines difficiles : plusieurs textes de loi, dont une réforme du système de santé, retoqués par le Sénat, rupture avec les partis traditionnels de sa coalition gouvernementale (avec le remplacement de sept de ses ministres), départ forcé jeudi du président du Sénat Roy Barrera, un allié politique et un acteur clé dans le feu vert du parlement à ses réformes.
« La justice environnementale et la justice sociale dans le plan de développement sont les deux grands piliers pour que la Colombie soit une force de vie », s’est félicité M. Petro qui achève un voyage officiel de trois jours en Espagne.
Plusieurs articles-clés du PND « se sont néanmoins perdus en chemin », observait vendredi la presse nationale.
Près de 400 articles ont été discutés par les parlementaires, a expliqué le quotidien El Espectador. « Cinq articles-clés ont été éliminés, dont l’un faveur de la transition énergétique », tandis que d’autres articles sont toujours en phase de « conciliation » entre le Sénat et la Chambre basse.
« Il y a eu un profond recul dans le domaine de la santé mais des progrès ont été réalisés dans de nombreux domaines », a jugé le président Petro.
Elu à l’été 2022, M. Petro a commencé son mandat avec le soutien de partis du centre et de la droite modérée au sein d’une coalition qui s’est effritée au fil des mois et s’est de plus en plus éloignée des profondes réformes promises par le gouvernement.
Le 1er mai, du balcon du palais présidentiel à Bogota, le président colombien a averti le parlement de la possibilité d’une « révolution » si ses propositions n’étaient pas approuvées et a appelé ses partisans à la mobilisation, y compris dans la rue.
APS



