Brésil : la justice électorale vote pour l’inéligibilité politique de l’ancien président Jair Bolsonaro

Le tribunal électoral supérieur (TES) a reconnu, vendredi, l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro (droite)
coupable d' »abus de pouvoir » et formé une majorité pour le condamner à l’inéligibilité politique pendant huit ans.
« Je veux annoncer que je soutiens pleinement le rapporteur », a affirmé la juge Carmen Lucia Antunes au début de son argumentaire, rejoignant trois autres qui ont déjà jugé Bolsonaro coupable d' »abus de pouvoir » lors de la campagne électorale pour les présidentielles d’octobre dernier qui ont ramené au pouvoir le progressistes Luiz Inacio Lula da Silva (Parti des travailleurs).
Antunes a ainsi fait allusion au vote du juge Benedito Gonçalves, rapporteur du procès, qui a requis la condamnation de Bolsonaro pour une réunion qu’il a convoquée avec une cinquantaine d’ambassadeurs étrangers à la résidence officielle de la présidence, le 18 juillet 2022. Lors de cette rencontre, il avait discrédité le système de vote électronique et qualifié la justice de partialité.
Bien que la majorité de quatre voix sur un total de sept soit établie avec la position du juge Antunes, les magistrats du TES peuvent toujours changer d’avis d’ici la fin du procès et la proclamation officielle de la sentence.
Après le vote d’Antunes, ce sera le tour de Kassio Nunes Marques, un juge nommé par Bolsonaro à la Cour suprême et au TES. Ce magistrat ultraconservateur peut demander plus de temps pour analyser l’affaire, ce
qui suspendrait le processus pendant 60 jours.
Après lui, prendra la parole le magistrat Alexandre de Moraes, qui, lors du processus électoral qui a conduit à la victoire de l’actuel président, Luiz Inacio Lula da Silva, a été durement critiqué par Bolsonaro et la droite brésilienne.
Le procès avait commencé la semaine dernière, lorsque les sept magistrats de l’autorité électorale ont entendu les arguments de la défense et du parquet, qui exigeait que l’ex-président soit condamné à une période de huit ans d’interdiction de tout exercice politique pour avoir « abusé de son pouvoir » en tant que chef de l’Etat lors de la campagne électorale pour sa réélection.
Lors de la deuxième audience, mardi dernier, le juge d’instruction du procès, Benedito Gonçalves, a estimé que la culpabilité de Bolsonaro était prouvée et a voté pour sa disqualification pour huit ans.
Bolsonaro, 68 ans, clame son innocence et assure qu’il aimerait se présenter à la présidentielle de 2026, s’il n’est pas reconnu coupable dans un procès qu’il a qualifié de « politisé » et de « malveillant ».
APS




