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Avec l’appui de l’Algérie, lancement fin juillet prochain de la Banque africaine de l’énergie

Le lancement de la Banque africaine de l’énergie, attendu fin juillet prochain, et dont l’Algérie est parmi les premiers pays à s’y engager, vise à doter le continent d’un outil de financement indépendant afin de renforcer sa souveraineté et de soutenir le développement économique des pays africains, a affirmé le secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), l’Algérien Farid Ghezali.

M. Ghezali a précisé que la mise en place de cette institution financière répond à une problématique majeure de déficit de financement des projets pétroliers et gaziers dans les pays membres, en raison du désengagement progressif des institutions financières internationales.

« Nous voulons disposer d’un outil africain indépendant afin d’assurer notre souveraineté dans le choix des projets à financer et soutenir ainsi le développement économique de nos pays, ce qui profitera à l’ensemble du continent », a-t-il expliqué.

Le lancement de cette banque, inscrite à la feuille de route 2026 de l’organisation, devrait intervenir fin juillet ou, au plus tard, durant la première semaine d’août, avec la désignation de son président et de ses administrateurs, a ajouté M. Ghezali.

La mise en place de cette institution continentale, basée à Abuja (Nigeria), est devenue aujourd’hui une « nécessité », a-t-il soutenu, rappelant que les bailleurs de fonds internationaux se désengagent progressivement du financement des énergies fossiles, alors que l’Afrique dispose encore d’importantes réserves non exploitées.

La future banque permettra ainsi de financer des projets stratégiques sans dépendre de contraintes extérieures, a souligné le responsable de l’APPO, précisant que son premier rôle sera de « dé-risquer » les projets énergétiques en attente de financement.

S’agissant des priorités de l’institution, le secrétaire général a indiqué que les pays membres soumettront eux-mêmes leurs projets, tout en précisant que la future institution ciblera l’ensemble des pays africains, qu’ils soient membres ou non de l’APPO.

Selon M. Ghezali, la Banque africaine de l’énergie privilégiera les initiatives transfrontalières favorisant l’interconnexion régionale, notamment les oléoducs, les projets d’interconnexion électrique ainsi que les infrastructures de valorisation des hydrocarbures.

A ce titre, la banque pourrait financer des projets tels que des raffineries régionales ou encore le Gazoduc transsaharien (TSGP), une infrastructure stratégique qui s’inscrit, selon lui, « pleinement dans cette dynamique d’intégration transfrontalière et de développement énergétique du continent africain ».

« Tout projet contribuant au développement énergétique d’un pays membre pourra être étudié et financé s’il est bancable », a-t-il ajouté.

Pour le lancement de cette institution financière, six pays se sont déjà officiellement engagés : l’Algérie, le Nigeria, l’Egypte, la Côte d’Ivoire, le Ghana et l’Angola.

La banque sera dotée d’un capital initial de 500 millions de dollars, avec l’objectif d’atteindre 2 milliards de dollars dès l’année prochaine, a-t-il précisé.

Dans une phase ultérieure, des capitaux étrangers pourront y participer, avec un statut distinct de celui des membres fondateurs, a-t-il indiqué.

Gazoduc transsaharien : l’APPO prête à accompagner le projet

S’agissant des priorités de la future institution, le SG de l’APPO a indiqué que les pays membres soumettront eux-mêmes leurs propositions et que l’objectif principal fixé est celui de privilégier les projets transfrontaliers favorisant l’interconnexion régionale, à l’image des oléoducs, des projets d’interconnexion électrique, ainsi que des projets de valorisation des hydrocarbures.

A ce titre, la banque pourrait soutenir des projets de raffineries régionales et le Gazoduc transsaharien (TSGP). Dans ce contexte, le secrétaire général de l’APPO a souligné que le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) (Algérie-Nigeria 4000 km) constitue une illustration concrète de la coopération énergétique intra-africaine et s’inscrit dans la dynamique d’intégration portée depuis plusieurs années par le continent.

Interrogé sur l’implication de l’APPO dans ce projet, il a indiqué que l’organisation « prend le train en marche », rappelant que le TSGP est déjà à un stade avancé de réalisation et que la majeure partie de l’infrastructure du côté algérien est déjà prête, tandis que les travaux ont progressé au Nigeria jusqu’à Kano et qu’il reste essentiellement la partie nigérienne à réaliser.

Le même responsable a rappelé que ce projet remonte à l’initiative du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), estimant qu’il représente « l’application pratique de la coopération intra-africaine dans le domaine de l’énergie ». Evoquant les possibilités de financement, le secrétaire général a indiqué que le TSGP pourrait bénéficier du soutien de la Banque africaine de l’énergie, dans la mesure où l’orientation de cette institution est de privilégier les projets d’intégration régionale et transfrontalière.

Selon lui, ce type d’infrastructure revêt une « importance particulière pour le renforcement de la coopération énergétique et le développement du secteur énergétique africain ».

(APS)

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