Algérie-UA : le président Tebboune appelle à renforcer l’action africaine commune contre le terrorisme

En qualité de représentant de Monsieur le président de la République, le président du Conseil de la nation a prononcé le discours du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, lors de la 21e session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine sur le renforcement des mécanismes de prévention et de résolution des conflits en Afrique.
Luanda (Angola), le 30 août 2026
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
Que la prière et le salut soient sur le plus noble des messagers.
Monsieur le Président,
Son Excellence Monsieur le Président de la République d’Angola,
Excellences, Mesdames et Messieurs les chefs d’État et de gouvernement,
Monsieur le Président de la Commission de l’Union africaine,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi, à l’entame, d’adresser mes vifs remerciements et ma profonde gratitude à la République sœur d’Angola, à sa direction et à son peuple, pour son hospitalité généreuse et son accueil chaleureux, ainsi que pour la parfaite coordination ayant permis la tenue de cet important sommet extraordinaire.
Cette réunion de haut niveau offre à notre Organisation une nouvelle occasion d’opérer une transformation radicale dans notre manière d’aborder les questions de paix et de sécurité sur notre continent, et de passer effectivement des méthodes traditionnelles à un mode d’action plus efficace et plus ferme dans le traitement de ces questions, dans leurs deux volets interdépendants : la prévention et le règlement des conflits.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Nous nous réunissons aujourd’hui dans un contexte régional et international extrêmement préoccupant et complexe.
Notre continent connaît une multiplication des foyers de tension et une aggravation des conflits persistants, ainsi qu’une intensification des guerres par procuration et des ingérences étrangères flagrantes, sans compter la persistance du gel du processus de décolonisation, dont l’aboutissement demeure une question déterminante pour la stabilité du continent.
Les indicateurs sécuritaires sur le terrain, particulièrement tragiques, confirment la gravité de la situation. Au cours de la dernière décennie, le continent a enregistré une hausse alarmante de 400 % des attaques terroristes et une augmentation de 237 % du nombre de décès qui en résultent.
L’Afrique représente désormais à elle seule près de 63 % de l’ensemble des victimes du terrorisme dans le monde, tandis que la région du Sahel et du Sahara supporte à elle seule plus de 51 % de ces pertes, outre la mort de plus de 17 000 Africains chaque année, soit une moyenne de 46 morts par jour.
Face à ces défis croissants, et tout en étant pleinement conscients que la sécurité et la paix de l’Afrique constituent un tout indissociable, nous constatons que, malgré les efforts déployés, l’Union africaine demeure marginalisée et reléguée à des rôles secondaires dans les initiatives et processus de paix sur son propre territoire.
Le problème fondamental ne réside pas dans l’absence de textes et de cadres institutionnels, mais dans l’incapacité à les mettre en œuvre et dans le recul de la volonté politique de respecter les engagements continentaux.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
En réaffirmation de l’engagement constant de l’Algérie en faveur des questions africaines, nous soumettons à votre auguste assemblée les recommandations pratiques suivantes :
Premièrement : renforcer le système de prévention sans vider le continent de ses ressources par la création de nouvelles structures :
La sagesse commande de coordonner toute création de nouvelles structures et de nouveaux mécanismes susceptibles d’alourdir inutilement le fonctionnement de notre Organisation.
Il convient plutôt de travailler à corriger et renforcer la complémentarité et le partenariat entre les mécanismes, en s’appuyant sur la « Commission des Nations unies pour la consolidation de la paix », en vue d’activer le système d’alerte précoce, de tirer pleinement profit de l’« Outil continental d’évaluation des risques » et de renforcer le rôle consultatif et diplomatique du « Groupe des sages ».
Nous soulignons également la nécessité d’accélérer la pleine opérationnalisation du Fonds pour la paix de l’Union africaine et de lui assurer des ressources suffisantes et durables pour financer les initiatives préventives et la diplomatie préventive.
Deuxièmement : consacrer la présence et l’intervention de terrain de l’Union africaine :
Que ce soit dans le domaine de la prévention ou du règlement des conflits, l’Union africaine doit imposer sa présence sur le terrain pour lutter contre les groupes terroristes et les réseaux de criminalité organisée et fournir une aide humanitaire urgente.
Cela passe par le déploiement effectif et opérationnel des organes de l’Union, notamment les représentants spéciaux du président de la Commission, l’activation de la Force africaine en attente avec ses composantes régionales et l’intensification des déplacements sur le terrain du Groupe des sages.
Troisièmement : revenir aux fondamentaux et aux bons offices :
Les mécanismes fondateurs de notre Organisation continentale nous rappellent que les bons offices des chefs d’État et de gouvernement constituent l’outil le plus influent.
Dans cette perspective, nous estimons qu’il est nécessaire que la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine examine le traitement des crises lors de ses sessions et réunions périodiques, et que les Excellences conduisent elles-mêmes les efforts de médiation directe avec leurs homologues, dans un esprit de fraternité et de solidarité africaines.
Quatrièmement : garantir l’interconnexion entre la paix, le développement et l’action humanitaire :
Convaincus qu’il n’y a ni paix ni sécurité sans développement, et qu’il ne peut y avoir de sécurité stable sans réponse aux catastrophes humanitaires, nous appelons à conjuguer les efforts et à exploiter les avantages compétitifs de notre continent.
La situation humanitaire tragique que vivent des millions de citoyens de notre continent interpelle nos consciences et appelle une action urgente et unifiée de l’Union africaine, en coordination avec les partenaires internationaux.
Les ressources de l’Union doivent être orientées vers des projets concrets ayant un impact direct sur la vie des citoyens africains, ainsi que vers l’autonomisation des jeunes et des femmes, qui constituent le pilier de notre présent et la porte d’entrée de notre avenir.




