International

Washington va s’exprimer sur ses frappes en Iran après des doutes sur leur efficacité

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, doit tenir jeudi une conférence de presse, après la diffusion d’informations par plusieurs médias remettant en question l’efficacité des frappes américaines menées contre des sites nucléaires iraniens, ont indiqué plusieurs sources médiatiques.

Ces frappes ont été ordonnées dimanche par le président Donald Trump, en soutien à l’entité sioniste qui a mené son agression contre l’Iran e 13 juin. Un cessez-le-feu a été annoncé mardi entre les deux parties.

À l’issue du sommet de l’OTAN à La Haye, Trump a évoqué une possible reprise des négociations avec Téhéran. « Nous allons parler la semaine prochaine avec l’Iran, nous pourrions signer un accord », a-t-il déclaré.

L’envoyé spécial du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a confirmé cette orientation. « Nous avons l’espoir de parvenir à un accord de paix global. Nous avons des discussions avec les Iraniens, de multiples interlocuteurs nous contactent et je pense qu’ils sont prêts », a-t-il indiqué sur la chaîne CNBC.

Le président américain a assuré que le programme nucléaire iranien avait été retardé de « plusieurs décennies » grâce aux frappes américaines.

Les autorités iraniennes ont reconnu que leurs installations nucléaires avaient subi d’importants dégâts à la suite des bombardements sionistes et américains.

Toutefois, certains experts ont émis l’hypothèse que Téhéran aurait anticipé les frappes en évacuant jusqu’à 400 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % de ses sites sensibles, ont rapporté des médias internationaux. D’après un document classé secret-défense et révélé mardi par CNN, les frappes auraient surtout scellé les accès de certaines installations souterraines sans les détruire totalement, entraînant un simple retard de quelques mois dans le programme nucléaire iranien.

La Maison Blanche a confirmé l’existence du document tout en déclarant qu’il était « tout à fait erroné ». Cette publication a suscité la réaction du président Trump, qui a annoncé la conférence de presse de M. Hegseth prévue à 08h00 locales (12h00 GMT) pour, selon ses mots, « lutter pour la dignité de nos grands pilotes américains ».

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé mercredi sur Fox News que les États-Unis n’avaient « eu aucune indication que de l’uranium hautement enrichi ait été déplacé avant les frappes ». Elle a ajouté que les installations étaient désormais « ensevelies sous des kilomètres et des kilomètres de gravats ».

De son côté, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a déclaré dans un communiqué que, selon des « informations crédibles », le programme nucléaire iranien avait été « gravement endommagé par les frappes ciblées récentes ».

Les frappes américaines ont visé, selon les déclarations de M. Trump, les trois principaux sites nucléaires du pays : Fordo, situé au sud de Téhéran, Natanz et Ispahan (centre).

Selon le dernier bilan officiel communiqué par les autorités iraniennes, les bombardements sionistes ont causé la mort d’au moins 627 civils et fait plus de 4 870 blessés.

Téhéran a réitéré ses « droits légitimes » à poursuivre le développement d’un programme nucléaire civil et s’est déclaré disposé à reprendre les négociations avec Washington, à condition que les sanctions économiques soient levées.

L’agression sioniste a entraîné l’annulation d’un nouveau cycle de pourparlers entre les deux pays, initialement prévu le 15 juin sous médiation omanaise. Ce dialogue avait été entamé en avril.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué qu’il lui était pour l’instant impossible d’évaluer l’ampleur des dégâts, en réclamant un accès immédiat aux sites concernés. Son directeur général, Rafael Grossi, a précisé mercredi que l’agence « a perdu la visibilité sur les stocks d’uranium enrichi dès le début des hostilités ».

En réaction, le Parlement iranien a voté en faveur d’une suspension de la coopération avec l’AIEA. L’Allemagne a exprimé sa préoccupation face à cette décision, y voyant un « très mauvais signal », et a appelé Téhéran à revenir sur cette suspension.

Agences 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to top button