AfriqueInternational

Une militante marocaine enceinte perd son bébé après avoir été violemment battue par la Police

Dans un acte qui reflète la réalité brutale de la répression systématique contre les voix opposées aux politiques du Makhzen au Maroc, une militante de l’association nationale des diplômés chômeurs, Bouthaina Charqi Kanouni, a été victime d’une agression violente par les forces de l’ordre marocaines.

Cet incident s’est produit lors de sa participation à une manifestation pacifique et légitime en soutien à ses deux collègues, Othman Al-Shawati et Mahmoud Al-Boutriqi, en grève de la faim illimité pour faire valoir leur droit à l’emploi, a dénoncé l’Association nationale des diplômés chômeurs (ANDC) dans un communiqué.

Suite à cette attaque, la militante, enceinte, a ressenti de vives douleurs abdominales. Les examens médicaux réalisés au dispensaire local de la région de Ba Mohamed, située dans la région de Fès-Meknès, ont confirmé que ces douleurs étaient directement liées aux coups reçus, entraînant la perte tragique de son bébé.

Elle a été transférée en urgence à l’hôpital de Fès pour des soins intensifs.  L’association nationale des diplômés chômeurs, section Tendrara Maatarka, a fermement condamné cet acte qu’elle qualifie d’inhumain et illégal.

Dans un communiqué, elle a exprimé son « soutien inconditionnel à Bouthaina Charqi Kanouni et à sa famille, tout en tenant l’État marocain et ses appareils répressifs responsables des préjudices physiques et psychologiques subis ».

L’association appelle à « l’ouverture d’une enquête urgente et impartiale pour traduire les responsables en justice », invitant également toutes les forces vives et démocratiques au Maroc à se mobiliser pour dénoncer la répression systématique et défendre les droits et la dignité des victimes.

Au Maroc, les données relatives à la crise économique révèlent que les jeunes sont les plus durement touchés. Des militants de l’Association nationale des diplômés chômeurs au Maroc ont entamé une grève de la faim pour protester contre les politiques impopulaires du gouvernement d’Aziz Akhanouch et exiger des emplois dignes.

Pour certains protestataires, il s’agit de leur deuxième grève de la faim. La santé de la plupart d’entre eux s’est gravement détériorée après avoir frôlé plus de 34 jours de grève de la faim. Au lieu d’une réponse favorable ou d’un appel au dialogue pour écouter leurs revendications, les actions des jeunes grévistes ont été souvent réprimées par les forces de la police.

« Dans un contexte politique et économique délicat marqué par une crise profonde à tous les niveaux, avec des hausses vertigineuses des prix, le gel des salaires et la propagation du chômage parmi les diplômés, ceux qui prétendent assumer leurs responsabilités continuent à obéir aux ordres de leurs maîtres impérialistes à travers leurs institutions financières mondiales, au lieu d’apporter des réponses et des solutions qui apaiseraient le peuple marocain dans toutes ses catégories », a dénoncé l’Association nationale des diplômés chômeurs au Maroc dans un Communiqué de solidarité avec les jeunes grévistes, rendu public en mars dernier.

« Face à cette situation, diverses catégories de notre société poursuivent leur lutte pour arracher leurs revendications justes et légitimes (…) Un exemple éclatant est la bataille héroïque menée par le camarade Omar Hamri, qui consiste en une grève de la faim illimitée, une bataille que les responsables de la préfecture de Tiznit affrontent avec une politique de sourde oreille et de plaisir sadique face aux souffrances des enfants du peuple marocain », s’est indigné l’association.

Elle a alerté que l’action d’entamer des grèves de la faim illimité risque de nuire sérieusement à la santé des militants, avec ses craintes sur leur vie.

Al24News

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to top button